La Commission veut abandonner ses propositions d'interdire le clonage d'animaux d'élevage

La Commission veut abandonner ses propositions d'interdire le clonage d'animaux d'élevage
La Commission veut abandonner ses propositions d'interdire le clonage d'animaux d'élevage - © Belga

Parmi 34 propositions de directives que la Commission a annoncé mercredi vouloir abandonner pour divers motifs figurent deux textes de 2013 interdisant le clonage d'animaux d'élevage, sur lesquels le Parlement et le Conseil (États membres) n'ont toujours pas pu s'entendre. La première proposition de directive prévoit les interdictions temporaires du clonage sur plusieurs espèces d'animaux d'élevage (bovins, porcins, ovins, caprins, équins) et de la mise sur le marché d'embryons clonés ou d'animaux clonés vivants. La seconde interdit la commercialisation dans l'Union européenne de produits alimentaires (lait, viande, etc.) obtenus à partir d'animaux clonés. Des partenaires commerciaux comme les Etats-Unis, le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay élèvent des animaux clonés. Les Etats-Unis et l'Argentine n'ont aucun système de traçabilité de ces animaux.

L'Europe importe chaque année plusieurs centaines de milliers de tonnes de viande bovine en provenance de ces deux pays. Imposer une traçabilité entraînerait le blocage de ces importations, et des tensions dans les relations commerciales entre l'UE et les Etats-Unis. Se penchant en 2015 sur la proposition de la Commission, le Parlement était allé plus loin en proposant d'étendre l'interdiction au clonage de tous les animaux de ferme et de leurs descendants et à leurs produits dérivés, y compris les importations dans l'UE, tant par souci de bien-être animal (maladies et mortalité élevée) que par principe de précaution pour la santé humaine. Cela a pu braquer certains États membres qui craignent des tensions commerciales.

La Commission avait elle-même été accusée à l'époque par le Parlement de vouloir ménager les fournisseurs américains. Pour motiver sa proposition de retirer les deux textes, la Commission fait valoir l'absence totale de perspective d'accord entre les co-législateurs. Le Parlement et le Conseil "n'ont pas du tout avancé sur ce point depuis 2015 et il est peu probable que de nouveaux progrès soient réalisés à l'avenir", selon elle. Quoi qu'il en soit, "la Commission réfléchira à des moyens plus efficaces et plus efficients d'atteindre les objectifs poursuivis et consultera le Parlement et le Conseil avant d'officialiser les retraits", précise-t-elle. 

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