La Commission européenne met le Parlement en garde contre un affaiblissement du Pacte vert

La Commission européenne met le Parlement en garde contre un affaiblissement du Pacte vert
La Commission européenne met le Parlement en garde contre un affaiblissement du Pacte vert - © OLIVIER HOSLET - AFP

Le commissaire européen à l'Agriculture, Janusz Wojciechowski,a mis en garde les eurodéputés, mardi, contre le risque qu'une proposition de compromis sur la nouvelle Politique agricole commune (PAC 2023-2027) dégagée par les trois principales familles du Parlement européen n'affaiblisse le Pacte vert européen et la stratégie sur la biodiversité.

Alors que les ministres européens de l'Agriculture sont réunis depuis lundi à Luxembourg pour trouver un compromis sur le mandat du Conseil en vue des prochaines négociations avec la Commission et le Parlement, l'assemblée recherche elle aussi sa position de négociation à Bruxelles. Non sans difficultés pour cette politique qui représente 30% du budget de l'UE (387 milliards d'euros) et n'échappe pas aux économies du prochain budget européen (2021-2027).

Les trois grands groupes politiques du Parlement : PPE (conservateurs), S&D (socialistes) et Renew Europe (libéraux), ont dégagé in extremis une proposition de compromis.

La proposition ne rencontre pas notre ambition pour une PAC plus verte et équitable

Le commissaire à l'Agriculture, Janusz Wojciechowski, l'a certes saluée en ce qu'elle permet d'avancer vers plus de clarté pour les agriculteurs, mais il a aussi mis en garde contre plusieurs modifications qui "ne rencontrent pas notre ambition pour une PAC plus verte et équitable".

"Permettre aux agriculteurs de remplir leurs obligations en matière de biodiversité simplement en ne répandant plus de pesticides ni d'engrais sur 5% de leurs terres arables, qu'importe la culture, serait un pas en arrière", a affirmé le Polonais.

Il a plaidé pour une ambition "indispensable si l'on veut que la PAC contribue de manière crédible, avec 40% de ses dépenses, à l'objectif de 30% des dépenses du budget UE pour les ambitions climatiques".

Quant aux écorégimes, proposés par la Commission pour verdir l'agriculture en rémunérant les services rendus à l'environnement par les agriculteurs, il y a un risque de ne pas utiliser certains fonds si les agriculteurs n'y adhèrent pas dans les premières années, a reconnu le commissaire, se montrant ouvert sur des possibilités de flexibilité.

La majorité des propositions vont dans le bon sens, notamment sur les écorégimes

M. Wojciechowski a toutefois remercié les députés. "La majorité des propositions vont dans le bon sens, notamment sur les écorégimes."

Le compromis PPE-S&D-RE, qui réserve au verdissement 30% des budgets du premier pilier de la PAC (paiements directs) et 35% du deuxième pilier (développement rural), commencera à être mis aux votes dès ce mardi.

Il est dénoncé par les autres familles politiques, Verts en tête, qui y voient un passage en force alors que près de 2.000 amendements doivent être votés. "Comment les mêmes groupes qui ont voté la loi climat il y a deux semaines peuvent-ils voter cette PAC que tout oppose au Green Deal", s'est en outre insurgée la Belge Saskia Bricmont (Ecolo).

Les Verts/ALE ont annoncé le dépôt d'un amendement de rejet. S'il devait être adopté, il forcerait la Commission à présenter une nouvelle proposition, sachant qu'un régime de transition maintenant les effets de la PAC actuelle est prévu jusqu'en 2023. Les autres groupes d'opposition pourraient s'y joindre, mais aussi plusieurs élus des trois grandes familles politiques. Les socialistes belges Marc Tarabella (PS) et Kathleen Van Brempt (sp.a) ont ainsi déjà annoncé un soutien aux opposants au compromis PPE-S&D-RE. A l'inverse, Hilde Vautmans (Open Vld, RE) a défendu ce qu'elle qualifie d'"ambition réaliste".

 

Ursula von der Leyen plaidait pour une Europe plus verte, le 16 septembre dernier :

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