La Commission européenne met la Hongrie sous pression

Le premier ministre hongrois Viktor Orban inaugure une exposition de peinture intitulée "Héros, rois et saints, l'épopée historique de la Hongrie à travers la peinture hongroise"
Le premier ministre hongrois Viktor Orban inaugure une exposition de peinture intitulée "Héros, rois et saints, l'épopée historique de la Hongrie à travers la peinture hongroise" - © ATTILA KISBENEDEK (AFP)

La Commission laisse une dernière chance à Budapest de modifier des lois qui semblent contraires aux textes européens. La semaine prochaine la Commission décidera si oui ou non elle lance des procédures d'infractions qui peuvent mener le gouvernement hongrois devant la justice européenne.

Il reste quelques jours donc pour trouver un compromis mais la Commission ne cache pas sa préoccupation. Préoccupation aussi à propos du budget hongrois, la Hongrie risque de perdre pas mal d'argent.

La Hongrie ne respectera pas cette année les 3% maximum de déficit public autorisés, Budapest n'a pas tenu ses engagements et si, en 2011, la Hongrie affichait un bon budget, c'est surtout parce que le nouveau gouvernement conservateur a, d'autorité, intégré les fonds de pensions privés dans le budget public.

La semaine prochaine, le commissaire Olli Rehn devrait proposer aux Etats de lancer une procédure qui peut mener à la suspension des aides européennes versées à la Hongrie. Ce n'est pas vraiment le moment pour la Hongrie qui ne va pas bien.

Le gouvernement en place tente d'ailleurs de négocier une aide internationale mais le Fonds Monétaire International n'est pas disposé à intervenir tant que l'indépendance de la Banque centrale hongroise n'est pas garantie. Car l'économie hongroise inquiète mais la situation politique préoccupe aussi et tout spécialement ce qui se trouve dans la nouvelle Constitution.

L'indépendance de la Banque centrale hongroise n'est donc plus garantie, pas plus que l'indépendance du président de l'autorité chargée de la protection des données privées.

La Commission s'interroge aussi sur des mesures dans le secteur judiciaires. La Commission va analyser cela et décider la semaine prochaine d'une éventuelle procédure d'infraction contre la Hongrie.

La Commission est, avec une partie du Parlement européen, la seule à réagir contre la nouvelle Constitution hongroise qui renforce solidement le pouvoir du gouvernement. Les Etats membres, eux, ne bougent pas beaucoup.

Ils ne veulent pas revivre l'exemple autrichien, un gouvernement qui accueille l'extrême droite, des sanctions décidées dans l'urgence et la levée finalement de ces sanctions qui n'auront pas changé grand-chose. 


Anne Blanpain

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