La Commission européenne estime qu'une procédure pour déficit excessif contre l'Italie n'est "plus justifiée"

Pierre Moscovici
Pierre Moscovici - © JOHN THYS - AFP

L’Italie échappe à l’ouverture d’une procédure pour déficit budgétaire. Depuis des mois, la question crispe les relations entre la coalition en place à Rome et la Commission. Le gouvernement italien vient de faire des promesses pour réduire son déficit. En réponse, l’exécutif européen a décidé de calmer le jeu tout en maintenant la pression.

La Commission européenne a donc estimé mercredi que l'ouverture d'une procédure pour déficit excessif contre l'Italie n'était "plus justifiée à ce stade". Début juin, l'exécutif européen avait ouvert la voie à des sanctions financières contre le pays en raison de sa dette colossale (2300 milliards d'euros).

Rome a depuis lors annoncé un paquet de mesures qui ont rassuré la Commission pour l'année 2019. Le déficit public de l'Italie devrait notamment s'élever à 2,04% du PIB en 2019, soit en dessous des 3% de déficit maximum autorisé par la Commission, avait déclaré le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte.

"Sur la base des engagements, la Commission a conclu qu'une procédure pour déficit excessif contre l'Italie au titre de la dette n'est plus justifiée à ce stade", a estimé mercredi le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Ce dernier compte expliquer ses conclusions aux 19 ministres des Finances de la zone euro, lors d'une réunion lundi prochain à Bruxelles au cours de laquelle ils doivent eux aussi se prononcer sur l'abandon de cette procédure.

"Je suis très confiant que les ministres seront d'accord" avec l'exécutif européen, a-t-il ajouté. Pierre Moscovici se garde toutefois bien de faire retomber la pression sur la coalition populiste au pouvoir à Rome. "Nous allons continuer à surveiller étroitement la mise en oeuvre du budget italien pour la seconde moitié de l'année", a-t-il prévenu.

En outre, il a promis "d'évaluer très soigneusement le projet de budget italien pour 2020, qui doit parvenir le 15 octobre" à la Commission.

Les ministres européens des finances doivent se prononcer lundi prochain sur l’abandon de cette procédure disciplinaire contre l’Italie. Pierre Moscovici a souligné l'importance du dialogue avec le Premier ministre italien Giuseppe Conte, concluant en italien: "ma porte reste ouverte".

Archives: Journal télévisé 17/10/2018

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