La Commission européenne dénonce la taxe sur les médias en Hongrie

La Commission européenne dénonce la taxe sur les médias en Hongrie
La Commission européenne dénonce la taxe sur les médias en Hongrie - © JOHN THYS - BELGAIMAGE

La Commission européenne a dénoncé lundi la taxe sur les médias mise en place en Hongrie comme une menace contre le pluralisme contraire aux règles et aux valeurs européennes.

"La liberté de la presse est menacée en Hongrie", soutient la commissaire européenne responsable de la société numérique Neelie Kroes dans une tribune publiée sur son blog et dans le quotidien hongrois Nepszabadsag (centre gauche).

La nouvelle taxe hongroise, dénoncée par les médias du pays comme une mainmise du gouvernement sur le secteur, s'inscrit dans la droite ligne d'une série de lourdes ponctions fiscales visant des secteurs économiques souvent dominés par des sociétés étrangères.

"Cette nouvelle taxe a été passée au Parlement sans véritable débat ni consultation. En fait, elle affecte de manière disproportionnée un seul média, RTL", souligne Neelie Kroes.

Le conglomérat de média luxembourgeois RTL-Group, premier groupe de média audiovisuel européen, a calculé que cette taxe augmenterait sa charge fiscale d'environ 15 millions d'euros par an, ce qui correspond à l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) qu'il réalise en Hongrie, pour un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros dans ce pays. RTL détient 80% de la société Magyar RTL Televizio Rt.

"La conclusion est claire: il s'agit de le chasser (RTL) de Hongrie. Le gouvernement hongrois ne veut pas d'un radiodiffuseur dont le propriétaire est étranger en Hongrie et il utilise une taxe injuste pour balayer les garanties démocratiques et faire disparaître une menace pour son pouvoir" dénonce Neelie Kroes.

"La liberté d'établissement est un des principes fondamentaux du marché unique européen", rappelle la commissaire.

"Mais cette histoire est plus qu'une taxe. Elle s'inscrit dans un objectif qui est très préoccupant, un objectif contraire aux valeurs européennes. La taxation ne peut être un instrument pour discriminer et la politique fiscale ne peut être une arme politique", a-t-elle averti.

Le patron de la filiale hongroise de RTL Group, Andreas Rudas, a annoncé que RTL envisageait de la contester devant la Cour européenne de justice.

Nellie Kroes s'était élevée en 2010 contre la législation sur le contrôle des médias passée par le Fidesz, le parti du Premier ministre Viktor Orban, et avait obtenu sa modification.

"La Hongrie n'est pas le seul pays où les menaces contre le pluralisme des médias posent problèmes: nous avons également des préoccupations en Bulgarie, en Italie, au Royaume Uni. L'Europe doit nettoyer sa propre maison pour assurer la liberté et le pluralisme de la presse", conclut Mme Kroes.

 


Belga

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