La Commission européenne défend son registre volontaire pour lobbyistes

Quinze jours après les critiques de l'association Alter-EU, la Commission européenne a tiré lundi un bilan positif de son registre volontaire pour lobbyistes lancé il y a un an, excluant pour l'heure de rendre celui-ci obligatoire.

"Nous avons atteint un niveau de transparence inégalé par rapport aux Etats membres", a commenté lundi Jens Nymand Christiansen, directeur auprès de la Commission européenne en charge des relations avec la société civile et le registre des lobbyistes.

Selon les chiffres de la Commission, quelque 1.600 organisations se sont enregistrées sur ce registre, lancé il y a un an par la Commission européenne après des mois de discussions avec les nombreux acteurs de ce secteur.

Reconnaissant que certains grands lobbyistes actifs à Bruxelles ne s'étaient toujours pas enregistrés, la Commission estime pour l'heure inopportun de rendre l'inscription obligatoire, comme le réclame Alter-EU.

"Cette question ne se pose pas vu le succès relativement important après 12 mois", a jugé M. Nymand Christiansen. "Même avec des régimes contraignants comme il en existe dans certains pays tiers (les Etats-Unis, ndlr), il subsiste des problèmes".

Celui-ci a toutefois reconnu et déploré lundi qu'aucun bureau d'avocats d'affaires, ni aucun centre de réflexion européen (think tank) ne s'étaient inscrits.

"Les bureaux d'avocats, lorsqu'ils agissent en dehors de procédures juridiques, (...) ainsi que les think tank, devraient pourtant s'inscrire", a-t-il plaidé.

Réactualisant le rapport qu'elle avait publié il y a deux semaines, l'association Alter-EU, qui milite pour une plus grande transparence de l'Union européenne, a indiqué lundi que seuls 24% des lobbyistes européens étaient inscrits.

Et sur les 1.600 organisations inscrites, moins de de la moitié à peine (625) sont établies à Bruxelles, fait-elle encore valoir.

Centre décisionnel européen, Bruxelles héberge, selon les estimations les plus courantes, quelque 15.000 lobbyistes qui tentent de peser sur les décisions des différentes institutions européennes.

Ces lobbyistes travaillent au sein de quelque 2.600 groupes d'intérêts divers, dont un tiers sont des associations professionnelles (automobile, chimie, etc.).

(Belga)

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