La Chine suspend tout nouveau projet de construction de trains

Vue générale des opérations de sauvetage, le 24 juillet 2011 près de Shuangyu, après l'accident entre un TGV et un autre convoi
Vue générale des opérations de sauvetage, le 24 juillet 2011 près de Shuangyu, après l'accident entre un TGV et un autre convoi - © Philippe Lopez/Archives AFP

Le gouvernement chinois a annoncé jeudi qu'il suspendait tout nouveau projet de construction dans les chemins de fer, alors que la sécurité du réseau en plein essor en Chine a été gravement mise en doute par une collision de TGV.

"Nous allons suspendre pour l'instant l'examen et l'approbation de tout nouveau projet de construction dans les chemins de fer", lit-on dans un communiqué du gouvernement émis après un conseil des ministres présidé mercredi soir par le Premier ministre Wen Jiabao.

Le gouvernement chinois va également "étudier d'une manière approfondie" les projets déjà approuvés afin de "choisir de manière rationnelle" les normes technologiques et les plans de construction, ajoute le communiqué.

Cette annonce intervient moins de trois semaines après le pire accident ferroviaire en Chine depuis 2008: la collision de deux TGV dans la région de Wenzhou (est), qui avait fait 40 morts le 23 juillet.

Mercredi, la presse avait déjà annoncé que le gouvernement avait décidé une réduction de la vitesse sur les lignes de TGV nouvellement construites.

Le ministère des chemins de fer a précisé jeudi que les trains faits pour rouler à une vitesse maximale de 250 km/heure seraient limités à 200 km/heure et que les prix des billets seraient réduits en conséquence.

Une campagne d'inspections de la sécurité des lignes ferroviaires à grande vitesse, construites ou prévues, a par ailleurs été décidée lors du conseil des ministres, avait précisé l'agence Chine nouvelle.

La fiabilité des TGV chinois mise en cause

La catastrophe de Wenzhou a posé la question de la fiabilité des trains à grande vitesse chinois, dont le réseau en plein essor -- déjà le plus vaste du monde-- doit passer de 8.358 km fin 2010 à plus de 13.000 km en 2012 et à 16.000 km en 2020.

Cette catastrophe, apparemment due à une défaillance de signalisation, a déclenché un flot de messages sur l'internet où des Chinois ont accusé le gouvernement de sacrifier leur sécurité au développement effréné du pays.

Le tragique accident a par ailleurs encore entaché la réputation des chemins de fer chinois, secoués par d'énormes affaires de pots-de-vin ayant fait chuter le précédent ministre.

"Nous nous sentons pleins de culpabilité et de chagrin à propos de ces pertes tragiques de vies humaines et de matériel dans l'accident", a déclaré dans un communiqué l'actuel ministre des Chemins de fer, Sheng Guangzu.

AFP
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