CQFD: "La Chine préfère être respectée et crainte plutôt qu'être estimée et enviée"

Les manifestations pro-démocratie se sont poursuivies à Hongkong, au lendemain des célébrations en grandes pompes du 70è anniversaire de la République Populaire de Chine... Le "mouvement des parapluies" peut-il faire bouger les lignes en Chine, ou sera-t-il mis au pas du fonctionnement du régime chinois? C'est la question qui fait débat ce mercredi dans Soir Première. Pour en débattre, Pierre Defraigne, directeur exécutif du centre Madariaga-Collège d’Europe, et Philippe Givron, coordinateur Chine chez Amnesty International Belgique.

Une réaction de masse spectaculaire

"On observe depuis quelques années déjà un recul des libertés à Hong Kong, un monde à part dans la Chine", commente le spécialiste de la Chine chez Amnesty International qui vient justement de remettre un rapport sur la situation des droits de l'homme à Hong Kong.

"L'Etat Chinois est en train de grignoter l'autonomie reconnue à Hong Kong de différentes manières, et ce qui est assez remarquable, c'est qu'à chaque fois, il y a eu une réaction de masse spectaculaire, et pour l'essentiel pacifique", constate Philippe Givron, en précisant que le risque personnel pris par les manifestants est à chaque fois énorme, vues les réponses prévues par le régime chinois, "et aujourd'hui nous avons peur, dit-il, que si la situation se dégrade, ils soient davantage menacés".

L'unité de la Chine se joue à Hong Kong

Pierre Defraigne, de son côté, précise: "Hong Kong est un point crucial pour l'internationalisation de la vie économique en Chine. C'est un point de passage obligé au niveau de la collecte des capitaux internationaux et le contrôle de cet espace est pour la Chine est un acquis important dans son développement (...) Le risque, pour la Chine, c'est de voir Hong Kong devenir un précédent. L'unité de la Chine se joue à Hong Kong, or l'intégrité de la Chine est un des acquis majeurs du Parti Communiste Chinois".

Le silence de la communauté internationale

Depuis le début des tensions de cet été à Hong Kong, il y a eu, de la part de la communauté internationale, très peu de condamnations de Pékin dans la gestion de cette crise. Au mieux, des réactions appelant au calme et au dialogue. Une prudence, observe-t-on, pour ne pas froisser un partenaire économique privilégié.

"Je crois que la protestation morale reste un devoir de l'Europe", réagit Pierre Defraigne. "Cela dit, nous avons besoin de la Chine pour réaliser la priorité absolue de la planète aujourd'hui qui est la question du climat", conclut-il. 

CQFD, Ce Qui Fait Débat, un face à face sur une question d'actualité chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h en télé sur La Trois.

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