La Chine expérimente un système de notation de sa population

Depuis le 1er mai, la Chine expérimente un système de notation de sa population. Ce concept baptisé "crédit social" va permettre au Parti communiste de récompenser ceux considérés comme étant des "bons citoyens" et de punir ceux qui seraient "mauvais" ou "malhonnêtes".

Ce procédé est rendu possible grâce une collecte de données gigantesques dans tous les domaines de la vie privée et publique de la population chinoise. Avant sa mise en place définitive en 2020, le crédit social est déjà à l'essai dans une trentaine de villes chinoises depuis 2013.

Bons et mauvais citoyens

C'est le cas à Fulushan entre Pékin et Shanghai. Le Parti communiste note ses habitants. Il y a les bons citoyens qui œuvrent pour la communauté, et les mauvais, ceux qui par exemple laissent traîner leur poubelle dehors. Cheng Kezhong est un citoyen exemplaire de la ville. Sa photo affiché sur ce mur, car il a obtenu la note maximale.

"La raison c’est que j’aide à maintenir le village propre. J’aide aussi les gens à améliorer notre environnement et j’ai aussi aidé des habitants à s’enrichir. Je suis fier mais c’est aussi beaucoup de pression… Parce que quand tu es sur le mur tu veux toujours être meilleur", explique-t-il.

Les avantages d'être bien noté

Direction Rongcheng à présent, dans l’Est de la Chine. Cette ville a été l’une des premières à noter ses 750 000 habitants. Dans les rues les portraits des meilleurs d’entre eux s’affichent sur des posters.

Les agents de l’Etat évaluent les comportements de chacun dans la vie de tous les jours: au travail, sur internet ou au volant de leur voiture. Les citoyens les mieux notés ont des réductions sur leurs factures d’eau ou d’électricité et obtiennent des prêts à la banque plus facilement. Ceux qui sont mal notés peuvent eux se voir interdire d’acheter des billets de train ou d’avion.

... et les situations problématiques

Une situation que subit déjà Liu Hu, un journaliste d'investigation. A cause de ses enquêtes, il a été placé sur une liste noire et désormais, il ne peut plus voyager librement. "Ça fait plus d’un an que ça dure. Regardez j’essaie de payer. Et là il est écrit 'le passager Liu Hu a été listé comme une personnes malhonnête. Vous ne pouvez pas  acheter de billets d’avion pour le moment.'"

Et pour Hu Jia, un dissident chinois, il n'y a aucun doute, les mauvais citoyens seront ceux qui ne font pas allégeance au Parti communiste. "Il ne faut pas critiquer la société ni critiquer le système actuel. Il ne faut pas non plus dire du mal des hautes sphères du pouvoir et du dictateur. En Chine les gens qui vont perdre le plus de crédit sont ceux qui ne sont pas d’accord avec le Parti Communiste."

Pour la population chinoise, déjà scrutée par 170 millions de caméras de surveillance à travers tout le pays, ce crédit social laisse planer le spectre d’un nouveau recul des libertés.

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