La Chine dénonce "l'hypocrisie" de l'Union européenne après une série de convocations d'ambassadeurs

Après une série de convocations des ambassadeurs chinois dans différents pays européens, dont la Belgique mardi après-midi, la Chine a une nouvelle fois taxé l'Union européenne (UE) d'hypocrisie mercredi, réagissant avec fureur aux sanctions ciblées validées lundi par les ministres des Etats membres de l'UE pour violations des droits de l'homme au Xinjiang. Dès lundi, Pékin avait rétorqué avec ses propres sanctions ciblant une dizaine de personnalités européennes dont de nombreux élus, qui sont interdits de voyage dans les territoires chinois, ainsi que certaines organisations.


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En-dehors de la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, la France, le Danemark, la Suède, l'Italie et la Lituanie ont convoqué ces derniers jours les représentants de la République populaire de Chine accrédités auprès d'eux. "La Chine n'accepte pas cette façon déraisonnable de certains pays européens de convoquer ses ambassadeurs", a déclaré mercredi devant la presse la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying. La Chine elle-même avait convoqué dès lundi soir l'ambassadeur de l'UE à Pékin, Nicolas Chapuis.

"Les Européens s'autorisent à diffamer et à attaquer les autres et imposent arbitrairement des sanctions fondées sur de fausses informations et des mensonges, mais ils refusent de laisser la Chine répliquer et riposter", a dénoncé Hua Chunying. "C'est du deux-poids, deux mesures, un exemple d'intimidation et d'hypocrisie". Les sanctions ciblées validées lundi visent quatre responsables chinois et une organisation étatique jugés directement impliqués dans la détention arbitraire, le travail forcé et de mauvais traitements de milliers d'Ouïghours, une minorité musulmane de Chine. Pékin réfute ces accusations, pourtant documentées par des organisations internationales.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a vertement sermonné mardi l'ambassadeur Lu Shaye, lui reprochant "insultes, invectives et menaces" à l'encontre d'un chercheur, Antoine Bondaz, spécialiste de l'Asie à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Antoine Bondaz avait été qualifié de "petite frappe", "hyène folle" et "troll idéologique" dans un communiqué de l'ambassade de Chine. Interrogée, Hua Chunying a critiqué à son tour le spécialiste français. "Nous attendons de la France qu'elle réfrène le chercheur en question et lui demande de cesser de propager des rumeurs et de diffamer la Chine", a déclaré la porte-parole de Pékin. Antoine Bondaz avait commenté la perspective d'un déplacement de parlementaires français à Taïwan, un déplacement que Pékin a tenté de décourager.

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