La Chine découvre un grand puits de pétrole et de gaz : cela pourrait-il avoir des conséquences sur l'économie mondiale?

La Chine vient d’annoncer une grande découverte en matière de recherche de matière fossile. C’est la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) qui affirme avoir découvert un gisement avec des réserves de pétrole brut et de gaz naturel estimées à 100 millions de tonnes de pétrole. Un gisement au large de la ville de Tianjin au milieu de la mer de Bohai.

Selon cette compagnie pétrolière d’État, le puits est foré à une profondeur de 5223 mètres. Le puits d’exploration du gisement aurait rencontré des zones de pétrole et de gaz d’une épaisseur de 346 mètres.

La production quotidienne moyenne de pétrole et de gaz dans le puits serait respectivement de 300 tonnes et 150.000 mètres cubes, selon les estimations de la société.

"La Chine est partout"

Une découverte qui peut paraître impressionnante mais que Samuele Furfari, professeur à l’ULB en géopolitique de l’énergie à l’Université Libre de Bruxelles, tend à relativiser : "C’est une bonne nouvelle dans la recherche d’énergies fossiles. Cependant, il est encore beaucoup trop tôt pour définir exactement les réserves de ce puits. Pour pouvoir réaliser ce type de projection, il faut des années d’étude suivies de plusieurs années de forage. Ensuite seulement la production pourra commencer".

Si pour Samuele Furfari ce type d’annonce est relativement banale, ce qui est intéressant de noter, c’est que la Chine continue d’investir dans la recherche et la production d’énergies fossiles. "Même si les Chinois sont présents dans tous les domaines et investissent dans tous les modèles énergétiques, ils n’abandonnent pas les énergies fossiles et ils continuent d'investir dans la recherche d’énergies fossiles car ils en ont besoin. La Chine sait que son avenir passe par les énergies fossiles mais encore une fois, les Chinois sont partout et investissent dans tous les domaines".

Investir où les autres ne sont pas

Preuve de ces investissements, les Chinois s’installent dans des zones oubliées ou abandonnées par d’autres compagnies pétrolières. L’exemple le plus marquant est sans doute la collaboration entre la Chine et l’Iran. Téhéran étant frappé par des sanctions internationales, la Chine a sauté sur l’occasion pour jouir des ressources iraniennes. D’autant plus qu’elle n’a que faire de ces sanctions, principalement Américaines. Mais les investissements chinois ne se font pas uniquement en Iran. Le pays collabore aussi avec l’Irak ou encore avec la République démocratique du Congo.

Si l’importance du gisement récemment découvert en Chine se confirme, cela ne devrait cependant pas chambouler l’importance de Pékin en tant que pays producteur de pétrole. "Actuellement, la Chine ne représente que 1,5% des réserves mondiales de pétrole. Elle ne va donc pas prendre la place de l’Arabie saoudite tout de suite. Le Moyen Orient reste bien au-dessus du lot", conclut Samuele Furfari.

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