La Chambre des Lords amende le Brexit de Boris Johnson

La Chambre des Lords amende le Brexit de Boris Johnson
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La Chambre des Lords a infligé au Premier ministre britannique Boris Johnson deux nouvelles défaites mardi dans le processus d’adoption de son accord de Brexit, sur le regroupement familial des enfants réfugiés et la consultation de l’Ecosse et du Pays de Galles.

Au total, le chef du gouvernement conservateur a ainsi subi cinq revers depuis que la chambre haute du Parlement britannique a commencé à examiner son projet de loi sur la sortie de l’Union européenne. Contrairement à la Chambre des communes, les Tories ne disposent pas de la majorité dans la Chambre des Lords, l’équivalent du Sénat en Belgique, toutes proportions gardées.

Comme il a été amendé par les Lords, le texte devra retourner à la Chambre des Communes, où Boris Johnson dispose d’une large majorité. Il devrait sauf énorme surprise revenir à sa version initiale.

A 300 voix contre 220, la chambre haute du Parlement britannique a adopté mardi un amendement introduit par le Lord travailliste Alf Dubs, visant à préserver le droit au regroupement familial pour les mineurs réfugiés non accompagnés après le Brexit. Ce droit est garanti au sein de l’UE.

Le projet de loi sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, dans sa version adoptée par les députés, ne mentionne plus l’engagement du gouvernement précédent à préserver le regroupement familial pour les mineurs réfugiés. Le gouvernement ne s’engage plus qu’à tenir les parlementaires informés de l’avancée des discussions avec Bruxelles sur ce sujet.

"J’ignore si c’est de l’incompétence totale ou si c’est de la malveillance, mais le signal qu’ils envoient est qu’ils n’aiment pas les enfants réfugiés", a confié lundi le travailliste Alf Dubs, 87 ans, à propos du gouvernement conservateur de Boris Johnson, qui a remporté une victoire très nette aux élections de décembre.

De son côté, une porte-parole du gouvernement de Boris Johnson a assuré que "protéger les enfants vulnérables restera (sa) priorité après le Brexit".

A l’issue d’un vote serré (239 pour, 235 contre), les Lords ont également adopté mardi un amendement pour s’assurer que l’Ecosse et le Pays de Galles puissent avoir leur mot à dire dans les négociations post-Brexit avec l’UE.

Lundi, ils avaient déjà notamment voté un amendement destiné à permettre aux citoyens européens résidant au Royaume-Uni d’avoir une preuve écrite de leur droit de rester après le Brexit.

Une fois définitivement adopté par le Royaume-Uni après assentiment de la reine Elizabeth II, le texte devra ensuite être ratifié par le Parlement européen. Après la date officielle du Brexit, prévu le 31 janvier, s’ouvrira une période de transition où Royaume-Uni et Union européenne négocieront leur relation future.

Extrait de la déclaration d'Alf Dubs, député travailliste à la Chambre des Lords

Traduction du travailliste (Labour) Alf Dubs: "Il me semble, messieurs, qu'il existe une proposition très claire selon laquelle l'union familiale, les enfants réfugiés non accompagnés, devraient pouvoir rejoindre les membres de leur famille ici. Et tout ce que nous demandons, c'est que le gouvernement prenne cette proposition et négocie sur cette base avec l'UE. Nous ne pouvons pas prédire le résultat, il ne pourrait pas être plus modeste, tout ce que nous disons c'est "s'il vous plaît, faites-le". Mais l'inverse, lorsque le gouvernement dit "nous n'allons pas le faire", envoie un signal très difficile. Et certaines personnes ont qualifié le gouvernement de méchant et de méchant. Si le gouvernement veut réfuter l'accusation selon laquelle ils sont méchants, alors la chose à faire est d'accepter l'amendement. C'est très simple, nous le faisons, et nous sommes alors en accord avec ce que nous avons décidé en 2016 (en référence au référendum européen de 2016 en Grande-Bretagne)".

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