Catalogne: Puigdemont suspend "les effets" d'une déclaration d'indépendance

Si Carles Puigdemont va de l'avant, une suspension de l'autonomie de la Catalogne de la part de l'Etat pourrait à son tour entraîner des troubles dans la région.
Si Carles Puigdemont va de l'avant, une suspension de l'autonomie de la Catalogne de la part de l'Etat pourrait à son tour entraîner des troubles dans la région. - © LLUIS GENE - AFP

Le président séparatiste catalan Carles Puigdemont a commencé mardi, un peu après 19h à s'exprimer devant le parlement catalan sur les "conséquences politiques" du référendum catalan, soulignant la nécessité impérieuse de "réduire les tensions" dans la région. "Nous vivons un moment exceptionnel, aux dimensions historiques", a déclaré Carles Puigdemont devant les parlementaires régionaux, alors que tout le monde attendait de savoir s'il défendrait une éventuelle déclaration d'indépendance.

Carles Puigdemont a proposé de suspendre une hypothétique déclaration d'indépendance en vue d'un dialogue, sans fixer de délai.

"Le gouvernement catalan et moi-même proposons que le Parlement suspende les effets d'une déclaration d'indépendance afin de pouvoir entreprendre dans les prochains jours un dialogue", a-t-il déclaré sans avoir au préalable véritablement déclaré cette indépendance.

La séance qui était programmée à 18h, avait été retardée d'une heure. Elle n'avait pas d'autre ordre du jour.

Nous ferons ce que nous sommes venus faire

"Nous avons ouvert la porte à la médiation, nous avons dit 'oui' à toutes les possibilités de médiation qui nous ont été présentées. Les jours passent et si l'Etat espagnol ne répond pas de manière positive, nous ferons ce que nous sommes venus faire", avait averti dimanche soir Carles Puigdemont dans un entretien avec la télévision publique catalane.

Sa phrase était le point final d'un documentaire sur le référendum d'autodétermination interdit par la justice espagnole et non reconnu par Madrid. Il s'est tenu le 1er octobre en Catalogne, a été émaillé de violences policières. Les indépendantistes estiment l'avoir remporté avec 90,18% des suffrages et 43% de participation.

Depuis le 1er octobre, le gouvernement espagnol du conservateur Mariano Rajoy n'entend pas reconnaître ce scrutin ni négocier un référendum légal sur l'indépendance. Le Premier ministre s'est à nouveau montré inflexible dimanche dans une interview accordée au quotidien El Pais. "L'unité de l'Espagne ne se négocie pas", a-t-il indiqué. "Nous allons empêcher que l'indépendance ne se produise."

"Si l'indépendance est déclarée unilatéralement, le gouvernement ne restera pas sans réponse", a renchéri lundi la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, alors qu'on l'interrogeait sur l'application de l'article 155 de la Constitution, qui permettrait de retirer son autonomie à la région, une piste envisagée par Madrid.

Une fracture au sein de la société catalane

Dimanche, une importante manifestation pour le maintien de la Catalogne au sein de l'Espagne s'est tenue à Barcelone, montrant la fracture existante au sein de la société catalane. Selon les organisateurs, ils étaient près d'un million et selon la police municipale, 350 000.

Le monde économique a également fait part de ses craintes et plusieurs entreprises ont décidé de déménager leur siège social de la région qui représente 19% du PIB du pays, pour 16% de la population. Deux grandes banques, CaixaBank et Banco de Sabadell, ont initié ce mouvement.

L'Europe suit également avec préoccupation l'évolution de la crise catalane.

Si Carles Puigdemont va de l'avant, une suspension de l'autonomie de la Catalogne de la part de l'Etat pourrait à son tour entraîner des troubles dans la région.

Des journalistes et des policiers sont déjà sur place, ce matin, devant le parlement catalan:

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