La candidate française Sylvie Goulard sur le gril des eurodéputés

Sylvie Goulard, candidate française au poste de commissaire européen au Marché intérieur, de l’industrie et de la défense
Sylvie Goulard, candidate française au poste de commissaire européen au Marché intérieur, de l’industrie et de la défense - © KENZO TRIBOUILLARD - AFP

Sylvie Goulard, l’éphémère ministre des armées d’Emmanuel Macron, candidate française au poste de commissaire européen au Marché intérieur, de l’industrie et de la défense, a répondu pendant trois heures durant, aux questions des eurodéputés.

Trois heures difficiles pour elle, car les eurodéputés ne l’ont pas épargnée, notamment au sujet des affaires judiciaires dans lesquelles elle est impliquée. Elle s'est battue jusqu'au bout, laissant paraître parfois un certain agacement.

L'ancienne députée européenne (2009-2017) fait l'objet de deux enquêtes - l'une de la justice française, l'autre de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) - dans l'affaire des emplois présumés fictifs des assistants des eurodéputés Modem. Deux affaires qui qui l'avaient contrainte à démissionner du gouvernement français en juin 2017 après un mois d'exercice.

Sylvie Goulard a demandé le "respect de la présomption d'innocence". "I'm clean", a-t-elle lancé en anglais. "Je ne suis pas mise en examen", mais "je respecterai, si elle advient, la décision de justice", a-t-elle déclaré.

Extrait de l'audition de Sylvie Goulard:

Bien que les enquêtes la concernant soient encore ouvertes, la Française a déjà remboursé 45.000 euros au Parlement européen, correspondant à huit mois de salaire d'un de ses assistants, pour lequel elle n'a pas pu fournir "de preuve de travail".

"Je n'ai rien reconnu" avec ce remboursement, a-t-elle assuré, expliquant qu’il y avait eu des problèmes au moment de (la) démission" de ce collaborateur.

Sylvie Goulard a également été interrogée sur son travail de "consultante", à "plus de 10.000 euros" mensuels, pour un think tank américain, l'institut Berggruen, d'octobre 2013 à janvier 2016, alors même qu'elle était eurodéputée. "J'ai tout déclaré, tout était légal", a-t-elle souligné.

"Le Parlement permet d'avoir une activité professionnelle. On peut considérer que c'est opportun ou pas (...) Simplement je crois que dans un Etat de droit, on ne peut pas jeter la suspicion", a-t-elle poursuivi.

Son objectif, a-t-elle expliqué, était d'"avoir accès a un certain nombre de personnes influentes" pour "faire avancer des idées. Je conçois que les sommes soient élevées", mais "ça correspond aux conditions qui se pratiquent", a-t-elle affirmé.

Une candidate devenue une cible

La candidate française, proposée par Emmanuel macron, doit obtenir deux tiers des voix en vue de sa nomination au sein de la Commission. Si sa candidature est rejetée, elle devra répondre à des questions écrites supplémentaires, avant une éventuelle seconde audition.

Cette audition est aussi un nouveau test pour la présidente de la future Commission européenne, l'Allemande Ursula von der Leyen, censée entrer en fonction le 1er novembre et dont l'équipe peine pour l'instant à convaincre les eurodéputés qui auditionnent tous les candidats jusqu'au 8 octobre.

Deux de ses membres - la social-démocrate roumaine Rovana Plumb et le Hongrois Laszlo Trocsanyi (PPE, droite)- ont été retoqués avant même leur audition, ce qui provoqué le courroux du PPE.

Dans ce contexte, Sylvie Goulard, une commissaire des Libéraux de Renew, le troisième grand groupe politique de l'UE, est devenue une cible.

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