La Belgique y entre, mais à quoi ça sert, le Conseil de sécurité de l'ONU?

La Belgique va siéger au Conseil de sécurité des Nations unies en 2019 et 2020 en tant que membre non-permanent. 181 pays sur les 188 membres de l’ONU présents dans la salle ont en effet accordé leur confiance à la Belgique. Les pays membres de l’ONU se réunissaient ce vendredi à New York pour élire cinq nouveaux membres non-permanents au Conseil de Sécurité. Mais c'est quoi, le Conseil de Sécurité, à quoi sert-il? On fait le tour en 5 questions:

C'est quoi, le Conseil de Sécurité de l'ONU?

Créée en 1945 sur les cendres de la Société des Nations, l'ONU, ou Organisation des Nations unies a pour but le maintien de la paix et la sécurité internationales. Et pour les accomplir, elle promeut la protection des droits de l'homme, la fourniture de l'aide humanitaire, le développement durable et la garantie du droit international

Le Conseil de sécurité est son institution la plus puissante, son "organe exécutif". C’est à lui, justement, qu’incombe la "responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales".

A quoi sert le Conseil de Sécurité?

Agissant au nom des États membres, le Conseil prend des décisions qui s'imposent aux membres (obligations, sanctions, interdicction...) pour que la paix et la sécurité internationales soient maintenues. Pour y arriver, il est  censé travailler "par voie de négociation, d'enquête, de médiation, de conciliation, d'arbitrage, de règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux".

Si le Conseil de sécurité constate l'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression, il est ainsi autorisé à prendre des mesures de deux types : l'interruption complète ou partielle des relations économiques et de tout moyen de communication avec ce pays, ainsi que la rupture des relations diplomatiques. Si ces moyens échouent, ou se révèlent inadéquats, des mesures d'ordre militaire peuvent même être déclenchées à son encontre.

Le Conseil est en effet habilité à entreprendre "toute action qu'il jugera nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix". Sur le terrain, ces mesures sont mises en œuvre grâce aux contingents nationaux de forces armées que chaque État membre s'engage à mettre à la disposition de l'ONU: les fameux casques bleus.

Comment est-il composé?

Le Conseil de sécurité se compose de 15 membres, dont cinq permanents : Chine, États-Unis, Russie, France et Royaume-Uni. Chaque année, l’Assemblée générale des Nations Unies élit cinq membres non permanents – sur les 10 du Conseil – pour un mandat de deux ans. Les 10 membres non permanents sont élus d’après les critères suivants : 5 membres élus parmi les Etats d’Afrique et d’Asie, 1 parmi les Etats d’Europe orientale, 2 parmi les Etats d’Amérique latine et des Caraïbes, et 2 parmi les Etats d’Europe occidentale et autres Etats.

La Belgique et l'Allemagne occuperont donc ces derniers sièges pour les deux années à venir.

Pourquoi est-il souvent critiqué?

A cause du droit de veto. Au Conseil de sécurité, les décisions sont adoptées avec une majorité de 9 voix parmi les 15 voix des membres du Conseil, mais uniquement à condition d'obtenir TOUTES les voix des membres permanents. Toute décision est en effet rejetée dès qu'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) fait usage de son droit de veto.

C'est par exemple ce qui a rendu particulièrement compliquée toute décision concernant la Syrie, à cause du soutien apporté au régime par la Russie, qui a systématiquement opposé son droit de veto aux décisions défavorables à Bachar al-Assad.

A quoi a déjà servi le Conseil de Sécurité alors?

Une de ses "résolutions" les plus célèbres concerne la crise du canal de Suez, en 1956, qui établit à la fois le respect de la souveraineté de l'Egypte, mais aussi le libre transit et la non-ingérence politique

Depuis la fin de la guerre froide, il a en fait pris énormément de décisions, en particulier pour des missions de maintien ou de rétablissement de la paix. L'intervention des casques bleus s'est par exemple révélée essentielle en ex-Yougoslavie ou en Somalie.

Quinze opérations de maintien de la paix de l'ONU sont déployées à l'heure actuelle; sur un total de 71 déployées depuis 1948. 

 

 

 

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