La Belgique en queue de peloton pour ses dépenses de défense, selon l'Otan

Le ministre de la Défense Steven Vandeput
Le ministre de la Défense Steven Vandeput - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La Belgique se situe en queue de peloton des 27 pays de l'Otan possédant une armée en ce qui concerne les dépenses de défense, à l'avant-dernière place, aux côtés de la Hongrie et de l'Espagne, ne précédant que le Luxembourg, révèlent des statistiques publiées lundi par l'Alliance atlantique qui s'inquiète de cette tendance baissière.

Selon une estimation valant pour 2015, la Belgique ne consacre que 0,9% de son Produit intérieur brut (PIB) aux "dépenses de défense" - une notion recouvrant à la fois le budget de la Défense et les pensions des militaires -, là où l'Otan réclame de ses membres qu'ils atteignent les 2%.

Il s'agit d'un minimum historique qui reflète la lente érosion des dépenses militaires belges, encore confirmée par le gouvernement Michel 1er, mais alors que le ministre de la Défense, Steven Vandeput, souhaite ramener à terme, d'ici 2030, la Belgique dans la moyenne européenne, soit 1,6% environ.

Elle se situe toutefois en 2015 en tout en fin de classement, au même niveau que la Hongrie et l'Espagne, avec un recul des dépenses de défense de 5,8% par rapport à l'an dernier, alors que la hausse estimée du PIB est de 1,3%. Le Luxembourg ferme la marche, avec des dépenses de défense ne représentant que 0,5% de son PIB, mais une armée de seulement 900 personnes, militaires et civils.

Equipement

Seuls cinq alliés atteignent le seuil des 2% requis (les États-Unis, avec 3,6%, la Grèce avec 2,4%, la Pologne avec 2,2%, le Royaume-Uni avec 2,1% et l'Estonie avec 2%), indique ce document annuel intitulé "Données économiques et financières concernant la défense de l'Otan".

La Belgique se situe aussi - assez classiquement - en antépénultième position des chiffres de l'Otan concernant dépenses d'équipements (principalement les achats de matériel). Elle n'y consacre que 4% de son budget militaire (pour 1,7% à la Bulgarie et 0,8% à la Slovénie, là où l'Otan en réclame 20%, une proportion qu'atteignent notamment la Norvège, la Turquie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

En corollaire, une très large part des dépenses de défense belges (estimées en 2015 à 3,758 milliards d'euros, pour un budget de la Défense d'environ 2,45 milliards) vont aux frais de personnel, qui représentent 78,8%, une proportion qui n'est dépassée que par l'Albanie, l'Italie et la Slovénie.

Le document, publié à l'avant-veille d'une réunion des ministres de la Défense alliés à Bruxelles, révèle encore qu'en pourcentage du PIB, les dépenses de défense belges n'ont cessé de reculer depuis la période 1995-1999, quand elles représentaient encore 1,5%.

Réduction d'effectifs

Le rapport de l'Otan évoque enfin les réductions d'effectifs qui ont touché les armées alliées depuis la fin de la Guerre froide.

En Belgique, l'effectif moyen est passé de 106.000 (gendarmerie comprise) en 1990 à 47 000 en 1995 (après la démilitarisation de la gendarmerie et la fin du service militaire obligatoire) pour se stabiliser à 31 000 hommes et femmes depuis 2012.

Le personnel de la Défense ne représente plus que 0,6% de la population active, contre 2,7% en 1990, au lendemain de la chute du Mur de Berlin.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a une nouvelle fois réclamé lundi une "inversion" de la baisse des dépenses de défense alliées, qui collectivement, devraient encore reculer de 1,5% en 2015.

"Nous devons redoubler nos efforts pour renverser cette tendance. Parce que nous faisons face à davantage de défis et que nous ne pouvons indéfiniment faire plus avec moins", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse au siège bruxellois de l'Alliance.

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