"La Belgique en orange", ça ne veut rien dire. Mais elle est désormais considérée comme "à risque" par les trois pays baltes

Tous les médias s’en sont fait le relais ce week-end : le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) aurait "décidé" de "placer" la Belgique en orange sur son site web, après avoir dans un premier temps "mis" la seule Flandre en orange.

Cette information était inexacte à plusieurs titres, et surtout, elle laissait la place à une certaine confusion :

  • Ce n’est pas la Flandre mise en orange, puis la Belgique : il y a en fait deux cartes sur le site de l’ECDC. L’une, européenne, représente les taux de contamination par région. Seule la Flandre y apparaît en orange, avec un taux évalué à 32, car le taux d’incidence de la Wallonie, lui reste situé entre 0 et 20. (Celui de Bruxelles était en dessous de 20 lors de la mise à jour, mais serait aujourd’hui de 23). Mais l’ECDC affiche aussi une autre carte, mondiale celle-là, qui représente le taux d’incidence par pays. Et selon le code couleur de la légende, la Belgique est aujourd’hui coloriée en orange, car le taux du pays est situé entre 20 et 60 contaminations par habitant sur deux semaines (il est actuellement de 26,9).
  • Il n’y a pas eu de "décision" de "placer" en orange, de la part de l’ECDC : cette carte est une simple représentation des taux par code couleur. Il y a d’ailleurs deux nuances d’orange, selon la hauteur du taux, et une couleur bleue pour le zéro cas. C’est donc une simple représentation du chiffre de contaminations relevé, pas une analyse du risque effectif.
  • La couleur orange sur la carte n’a aucune conséquence directe. Ce "code orange" n’a absolument rien à voir avec les codes utilisés par notre service des affaires étrangères, par exemple, pour classer les destinations comme possibles, impossibles ou contraignantes. Contrairement à ce qui a été dit, quasiment aucun pays ne semble utiliser la carte en tant que telle pour définir ses conseils de voyage. Par contre, le "taux d’incidence" sur lequel elle est basée est lui, effectivement une donnée utilisée par certains pays, pour ces mêmes conseils.
  • En se basant sur ce taux d’incidence, les trois pays baltes, Lituanie, Lettonie et Estonie ont placé la Belgique comme pays à risque. Non pas parce que la Belgique est coloriée en orange, mais parce que son taux d’incidence dépasse 15 cas/100.000 habitants recensés sur 14 jours, qui est la norme fixée par l’Estonie. Cela veut dire que nos compatriotes qui voudraient se rendre en Estonie, Lituanie ou Lettonie prochainement devront rester en quarantaine 14 jours après leur arrivée, comme précisé par le SPF affaires étrangères. La Finlande, par contre, revoit également sa liste rouge ce lundi mais n’y a pas repris la Belgique.
  • D’autres pays pourraient suivre avec notre taux qui monte en flèche. Notre taux d’incidence continue à grimper, puisqu’il représente le nombre de cas/100.000 habitants au cours des 14 derniers jours, et que le nombre de cas ne cesse de grimper en ce moment. Il n’est donc pas exclu que sur base de ce taux, d’autres pays nous placent prochainement sur liste rouge. La Grande-Bretagne a par exemple conservé la Belgique dans ses "exemptions" de voyages non-essentiels interdits, en la considérant comme pays sûr. Mais elle a exclu de cette liste l’Espagne, par exemple. Si la hausse des contaminations se poursuit au rythme actuel en Belgique, cette évaluation pourrait toutefois changer.
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