L'Union européenne somme Ankara de cesser d'attiser les tensions à Chypre

L’Union européenne a sommé mercredi la Turquie de "cesser" d’attiser les tensions à Chypre par son soutien à la décision des autorités de l’autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN) d’ouvrir au public la station balnéaire de Varosha, annexée après l’intervention de l’armée turque en 1974.

"Cette décision est une violation flagrante de l’accord de paix des Nations unies", a affirmé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell devant le Parlement européen, après avoir été interpellé par un élu chypriote, Lefteris Christoforou.

"Nous appelons la Turquie à mettre un terme à ses activités", a-t-il ajouté.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a soutenu mardi la décision du "Premier ministre" de la RTCN, Ersin Tatar, de rouvrir au public la station balnéaire de Varosha, partie de l’agglomération de Famagouste, dans l’est de l’île.

Varosha a été abandonnée après avoir été entourée de clôtures par les militaires turcs après l’intervention de 1974. La République de Chypre prône soit une restitution pure et simple de Varosha, soit son administration par l’ONU.

Tensions supplémentaires

M. Tatar a fait son annonce au cours d’une conférence de presse avec le président Erdogan lors d’une visite à Ankara quelques jours avant une élection "présidentielle" à Chypre-Nord prévue le 11 octobre.

"Cette nouvelle initiative n’est pas constructive", a jugé Josep Borrell. "Elle va créer des tensions supplémentaires et ne va pas faciliter un accord", a-t-il averti.

Les dirigeants de l’UE se sont engagés, lors de leur sommet les 1er et 2 octobre, à soutenir les efforts pour permettre la reprise des pourparlers entre les deux communautés chypriotes sous l’égide des Nations unies, a-t-il rappelé.

L’UE a adopté une double approche à l’égard de la Turquie lors du dernier sommet européen. Elle a assuré être prête à améliorer certaines coopérations et à relancer l’union douanière, mais "si Ankara poursuit ses actions illégales, nous utiliserons tous les instruments à notre disposition", avait averti la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

L’exécutif européen a été chargé d’élaborer des sanctions économiques et elles sont prêtes à être "utilisées immédiatement", avait-elle précisé lors du sommet.

Un nouveau sommet européen est prévu les 15 et 16 octobre à Bruxelles et sa partie diplomatique sera préparée lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères le 12 octobre.

Archives du JT du 16/05/2018: Chypre, une île avec deux Etats

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