L'Union européenne met en place un mécanisme de troc pour commercer avec l'Iran

Iranian Foreign Minister Mohammad Javad Zarif (L) meets with European Union Foreign Policy Chief Federica Mogherini, to discuss Iran's nuclear deal, on May 15, 2018 at the EU headquarters in Brussels.
Iranian Foreign Minister Mohammad Javad Zarif (L) meets with European Union Foreign Policy Chief Federica Mogherini, to discuss Iran's nuclear deal, on May 15, 2018 at the EU headquarters in Brussels. - © THIERRY MONASSE - AFP

Depuis que les Etats-Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien et ont rétabli les sanctions contre Téhéran, les Européens cherchent la parade pour continuer malgré tout à faire du business avec les Iraniens.

La loi dite "de blocage"

Il y a quelques mois déjà, les 28 avaient ressuscité une vieille loi qui visait, dans les années nonante, à contourner l’embargo américain contre Cuba. A l’époque, cette loi n’a jamais été utilisée. Et aujourd’hui, beaucoup de grandes entreprises européennes ont quitté l’Iran, par précaution, pour éviter les sanctions américaines.

Un système de troc avec Téhéran

Pour continuer à commercer, avec l'Iran, les Européens viennent de prendre une nouvelle initiative. Ils ont annoncé la création du mécanisme INSTEX pour (Instrument in Support of Trade Exchanges). Cet instrument financier est basé sur un principe simple: le troc.

Avec le retour des sanctions américaines, les banques iraniennes n’ont plus accès au système financier mondial dominé par le dollar. Et de leur côté, les sociétés et les banques européennes qui continueraient à faire du commerce avec l’Iran risquent de lourdes amendes de la part de Washington. S’ils veulent continuer à faire du commerce ensemble, Européens et Iraniens doivent donc éviter de se régler en dollar. Grâce à Instex, ce sera théoriquement possible.

... uniquement pour les produits qui ne sont pas visés par des sanctions

Mais, ce système ne permettra pas de contourner complètement les sanctions décidées par Donald Trump. Instex ne concernera que les produits qui ne sont pas visés par les sanctions américaines, comme les produits agro-alimentaires et les médicaments.

Or, à l’origine, l’Europe voulait continuer à exporter du pétrole et du gaz iraniens. Le pétrole représente à lui seul 80% des recettes d’exportations iraniennes. Mais, les sociétés européennes du secteur n’ont pas voulu jouer le jeu, de peur des représailles américaines.

Comment expliquer cette baisse d'ambition des Européens ?

Le Européens sont tiraillés entre deux objectifs stratégiques difficilement compatibles. Il y a d'un côté, une question de sécurité. Les 28 veulent continuer à faire du commercer avec l'Iran pour éviter que la République islamique ne relance son programme d'armement nucléaire.

Mais, d'un autre côté, les Européens veulent aussi défendre leurs intérêts économiques face aux décisions unilatérales du président Donald Trump, sans pour autant se lancer dans une guerre commerciale avec les Etats-Unis. La marge de manoeuvre est étroite.

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Journal télévisé 07/08/2018

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