L'Union européenne met en garde la Serbie contre le transfert de son ambassade à Jérusalem

L'Union européenne met en garde la Serbie contre le transfert de son ambassade à Jérusalem
L'Union européenne met en garde la Serbie contre le transfert de son ambassade à Jérusalem - © AHMAD GHARABLI - AFP

L'Union européenne (UE) a exprimé lundi sa "grave préoccupation" et ses "regrets" à propos de l'engagement de Belgrade à transférer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, jetant une ombre sur la reprise des discussions Serbie-Kosovo à Bruxelles.

Le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti reprennent lundi à Bruxelles leur dialogue visant à une normalisation des relations entre Belgrade et Pristina, quelques jours après avoir signé à Washington un accord économique.

A l'issue d'une réunion à la Maison Blanche en présence de Donald Trump, les deux leaders se sont engagés vendredi en faveur d'une "normalisation économique", et la Serbie a annoncé sa décision de transférer son ambassade en Israël à Jérusalem d'ici juillet.

Le Kosovo a de son côté accepté d'instaurer des relations diplomatiques avec l'Etat hébreu.

Les candidats à l'adhésion à l'UE doivent respecter ses positions en diplomatie

L'UE est attachée à une solution à deux États, avec chacun Jérusalem pour capitale, et sa propre mission diplomatique se trouve à Tel-Aviv. Bruxelles attend des candidats à l'adhésion comme la Serbie qu'ils s'alignent sur ses positions en matière de politique étrangère.

"Dans ce contexte, toute démarche diplomatique qui remettrait en question la position commune de l'UE sur Jérusalem est une source de grave préoccupation et de regret", a déclaré Peter Stano, porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

L'administration Trump, qui a ébranlé nombre de ses alliés en reconnaissant unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël et y transférant son ambassade, cherche à convaincre d'autres pays d'en faire autant.

Si la Maison Blanche a qualifié l'accord signé vendredi d'"historique", les dirigeants serbe et kosovar ont plus prudemment estimé lundi que ces engagements "peuvent fournir une contribution utile pour atteindre un accord complet, contraignant juridiquement sur la normalisation des relations".

Les deux leaders s'exprimaient dans un communiqué conjoint avant le début de leur réunion à Bruxelles, la deuxième en personne depuis la reprise en juillet du dialogue sous l'égide de l'UE.

Conflit entre les Serbes et les Kosovars

Vieux de plus de deux décennies, insoluble depuis la dernière des guerres ayant déchiré l'ex-Yougoslavie (1998-99, 13.000 morts), le conflit entre Serbes et Kosovars reste un danger pour la stabilité du Vieux Continent.

Belgrade ne reconnaît pas l'indépendance proclamée en 2008 par son ancienne province méridionale, majoritairement peuplée d'Albanais.

Le Kosovo est reconnu comme Etat indépendant par la plupart des Occidentaux, mais cinq des 27 membres de l'UE (Espagne, Roumanie, Grèce, Chypre et Slovaquie) refusent cette reconnaissance et ni la Russie ni la Chine ne l'ont acceptée, ce qui ferme de facto les portes de l'ONU à ce territoire de 2 millions d'habitants.

extrait de la déclaration du porte-parole du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrel, ce 7/09 (anglais)

Traduction de Peter Stano, porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell  : "La Serbie négocie déjà son adhésion à l'Union européenne et on s'attend donc à ce que la Serbie s'aligne progressivement sur les politiques et positions adoptées par l'Union européenne dans ses relations avec les pays tiers. Dans ce contexte, toute démarche diplomatique qui remettrait en question la position commune de l'UE sur Jérusalem est une source de grave préoccupation et de regret."

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