L'Ukraine a une majorité et un Premier ministre

Dans un pays habitué aux crises politiques prolongées, le processus s'est déroulé remarquablement vite, en à peine une demi-journée.

Cela a été rendu possible par l'adoption, à l'initiative du nouveau chef de l'Etat, d'une loi controversée qui simplifie considérablement la procédure de formation d'une coalition parlementaire.

Elle autorise les députés à adhérer à une alliance parlementaire à titre individuel, ce qui a permis à nombre de députés de se désolidariser de la ligne de leur parti pour s'allier à celui de Viktor Ianoukovitch, le Parti des Régions.

Sans elle, les analystes estiment qu'il aurait dû batailler longtemps pour réunir une majorité le soutenant, alors que son adversaire de la présidentielle, l'ancien Premier ministre Ioulia Timochenko, a fait savoir qu'elle allait tout faire pour lui barrer la route.

La loi est parue jeudi au journal officiel. Quelques heures plus tard, la coalition voyait le jour. "J'annonce la création de la coalition -Stabilité et réformes-", a annoncé jeudi le président du Parlement, Volodymyr Litvine.

La nouvelle alliance comprend 235 députés issus du Parti des régions de Viktor Ianoukovitch, les communistes et le bloc de Volodymyr Litvine, ainsi que des parlementaires adhérant à titre individuel, a-t-il précisé.

A peine réunie, la coalition Stabilité et réformes a proposé de nommer au poste de Premier ministre Mykola Azarov, un ex-ministre des Finances fidèle à Viktor Ianoukovitch.

Sans surprise, celui-ci a accepté la proposition et s'est immédiatement rendu au Parlement pour assister au vote parlementaire qui a rapidement validé la nomination du nouveau cabinet.

Au total, 242 députés ont voté en faveur de la nomination de Mykola Azarov alors qu'un minimum de 226 était requis.

Mykola Azarov, âgé de 62 ans, est un fidèle de longue date de Viktor Ianoukovitch, et est considéré comme un bureaucrate au style de gestion plutôt rigide.

Ancien chef des services fiscaux et ancien ministre des Finances, il succède ainsi à Ioulia Timochenko, perdante de l'élection présidentielle dont le cabinet a été renvoyé la semaine dernière par le Parlement.

L'intéressé, dans un discours devant les députés peu avant le vote, a reconnu que sa tâche ne serait pas facile. "Le pays est pillé, les caisses publiques sont vides, la récession économique se poursuit", a-t-il déploré.

"La dette d'Etat a triplé et le budget 2010 est inexistant", a-t-il poursuivi, promettant de "stabiliser la situation dans le pays" dès cette année, alors que l'Ukraine, ex-république soviétique, a été frappée de plein fouet par la crise économique mondiale.

"Nous allons poursuivre les réformes structurelles", a-t-il encore assuré, s'engageant par ailleurs à "abaisser la pression fiscale", attirer les investissements étrangers et lutter contre une corruption omniprésente.

Quant à Ioulia Timochenko, qui se refuse catégoriquement à reconnaître sa défaite bien que les élections aient été jugées libres et équitables, elle a d'ores et déjà annoncé son passage dans l'opposition.

Toujours à la tête du deuxième plus grand groupe au Parlement, elle devrait détailler ses projets d'avenir lors d'un point presse dans l'après-midi.


AFP

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