L'UE, Prix Nobel de la Paix 2012, un "encouragement" à continuer

Le président du Parlement européen Martin Schulz s'est dit "profondément ému et honoré" par ce prix.

Le prix Nobel de la paix est "un grand honneur pour l'ensemble de l'Union européenne, pour ses 500 millions de citoyens", a également réagi vendredi le président de la Commission européenne José Manuel Barroso sur son compte twitter. Au micro d'Africa Gordillo, le dirigeant européen a parlé de ce prix comme d'un message éthique et politique (écoutez ci-contre un extrait de l'interview).

Les Européens sont parvenus "à surmonter la guerre et les divisions" pour "former ensemble un continent de paix et de prospérité", a affirmé de son côté Herman Van Rompuy sur son compte twitter.      

L'attribution du prix est "un grand honneur pour l'Union européenne", a ajouté l'ancien Premier ministre belge en soulignant qu'il s'agissait, selon lui, "de la plus forte reconnaissance possible des profondes motivations politiques qui animent notre Union".

Le Premier ministre Elio Di Rupo a fait part de sa "fierté" après l'attribution vendredi du prix Nobel de la Paix. "Un des pays fondateurs de l'Union européenne, la Belgique a toujours été un précurseur et une inspiration dans le processus d'intégration européenne", indique un communiqué.  

Pour Elio Di Rupo, le prix Nobel attribué à l'UE constitue un "encouragement pour poursuivre le projet européen et accorder encore plus d'attention à la participation de ses 500 millions de citoyens".   

"Pour aimer l'Europe, les citoyens doivent pouvoir se reconnaître en elle. Que ce prix soit une source d'inspiration afin de se rapprocher de ce but. L'Europe doit à nouveau faire rêver et espérer !", a déclaré Elio Di Rupo.

La chancelière Angela Merkel a souligné que l'euro incarnait l'idée de l'Europe en tant que "communauté de paix" tout en qualifiant de "décision formidable" l'attribution du prix Nobel à l'Union européenne.   

"Je dis souvent que l'euro est plus qu'une monnaie et nous devrions ne pas oublier cela justement durant ces semaines et ces mois où nous travaillons au renforcement de l'euro. L'euro est plus qu'une monnaie car il s'agit de l'idée de l'Europe en tant que communauté de paix et de valeurs", a déclaré la chancelière devant la presse à Berlin.

Un prix "inattendu"

La commissaire européenne Cecilia Malmström, chargée des Affaires intérieures et des migrations, a également réagi sur twitter: ce prix est "inattendu, mais c'est un rappel bienvenu de l'importance de la coopération européenne".   

Son collègue chargé de la concurrence, Joaquin Almunia, a espéré "que cela alimente la réflexion de ceux qui font à l'Europe des critiques imméritées".   

Plusieurs eurodéputés se sont également exprimés. "Je salue la reconnaissance par le comité Nobel du fait que l'UE a transformé un continent belliqueux en projet de paix", a twitté l'eurodéputé libéral Guy Verhofstadt.   

"L'Union européenne est le plus grand projet de paix qui ait jamais existé", a souligné Joseph Daul, président du groupe conservateur PPE au Parlement européen, soulignant que "l'ensemble de l'histoire et des valeurs de l'Union européenne ont été reconnues aujourd'hui".   

Le président du groupe socialiste, Hannes Swoboda, a rappelé que "le projet européen n'est pas seulement une garantie de paix en Europe et parmi ses 27 membres actuels, mais va plus loin et s'adresse aux voisins de l'Europe et aux pays candidats qui veulent la rejoindre rapidement".   

L'eurodéputé vert Daniel Cohn-Bendit a estimé que ce prix était l'occasion de demander pour l'UE un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. Il a également estimé que le Nobel était "une injonction à l'UE pour qu'elle assume la responsabilité de la paix sociale dans les pays en crise".   

Seule voix discordante, celle de l'eurodéputé eurosceptique britannique Nigel Farage, pour qui ce prix "montre que les Norvégiens ont un réel sens de l'humour" et qui souligne que "l'UE a créé de la pauvreté et du chômage pour des millions de gens", et attisé l'animosité entre pays du nord et du sud de l'UE.

Déjà plusieurs crises traversées

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a salué l'attribution du prix Nobel de la Paix à l'Union européenne, qui a "joué un rôle majeur pour promouvoir la paix et la coopération dans toute l'Europe". "Depuis le début, l'Otan et l'UE ont partagé des valeurs communes (...) L'UE est un partenaire essentiel et unique pour l'Otan. J'espère renforcer encore notre partenariat stratégique, comme nos deux organisations l'ont prévu, afin de promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité", a déclaré Anders Fogh Rasmussen, ancien Premier ministre du Danemark.  

Le Français Jacques Delors, qui a présidé la Commission européenne de 1985 à 1994 et est aujourd'hui âgé de 87 ans, a souligné que l'Europe avait traversé bien des crises avant celle qui l'ébranle aujourd'hui. "Donc ça n'a jamais été facile mais je crois que si on prend de la distance, on s'aperçoit que c'est une formidable oeuvre de paix qui doit être complétée par davantage de coopération entre les Etats membres", a-t-il dit sur BFM-TV. "Je pense que le message est à la fois moral et politique. Il est moral dans la mesure où on salue des pays qui, renonçant à leurs attitudes d'hier, ont fait la paix entre eux et c'est aussi un message politique à un moment où, évidemment, il y a beaucoup de critiques, beaucoup de pronostics défavorables à l'Europe", a-t-il ajouté.

L'ancien président français Valéry Giscard, acteur majeur de la construction européenne ces dernières décennies, a salué cette attribution: "Il est juste que l'effort extraordinaire accompli par les Européens et leurs dirigeants pour établir une paix définitive sur leur continent, historiquement ravagé par les guerres, soit reconnu et honoré", a-t-il dit dans une déclaration transmise à Reuters.   

Pour le travail de six décennies

Le comité Nobel a annoncé avoir attribué son prix à l'UE pour avoir "contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l'homme en Europe".

"L'UE et ses ancêtres contribuent depuis plus de six décennies à promouvoir la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l'Homme en Europe", a déclaré à Oslo le président, très europhile, du comité Nobel norvégien Thorbjoern Jagland.   

Ce Nobel est attribué sur fond de désunion des Etats européens, dont la solidarité est actuellement mise à rude épreuve, les riches économies du Nord traînant des pieds pour venir en aide aux pays du Sud financièrement asphyxiés par une dette publique excessive et soumis à des cures d'austérité.   

Un test dont les résultats sont encore en suspens mais qui a d'ores et déjà révélé de profondes fissures dans l'édifice européen, déjà en mal de popularité au sein des opinions publiques pour qui l'UE est souvent éloigné et trop bureaucratique.   

"L'UE connaît actuellement de graves difficultés économiques et des troubles sociaux considérables", a reconnu le président du comité.   

"Le comité Nobel norvégien souhaite focaliser sur ce qu'il considère comme le résultat le plus important de l'UE : la lutte réussie pour la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l'Homme", a-t-il ajouté, faisant valoir qu'elle avait contribué à muer l'Europe "d'un continent de guerre vers un continent de paix".   

Paradoxalement, la Norvège, pays hôte du Nobel de la Paix, n'est pas membre de l'UE.

RTBF, avec agences

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