L'opposition iranienne refuse la complaisance envers Téhéran

"Il serait illusoire de demander à l'incendiaire d'éteindre le feu", a lancé Maryam Radjavi, présidente autoproclamée du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), qui dirige également les Moudjahidine du Peuple. Selon elle, "le silence sur les ingérences du régime iranien en Syrie, en Irak et dans d'autres pays de la région, sans parler de la collaboration avec lui au prétexte de lutter contre l'EI, représente une erreur stratégique. C'est le régime des mollahs qui a créé le terrorisme au nom de l'islam", a asséné Mme Radjavi, pour qui l'Iran "est l'État fondateur pour la plupart des atrocités que les groupes fondamentalistes ont commis et continuent à commettre". Elle a exhorté la communauté internationale à "prendre pour cible l'épicentre du fondamentalisme" en "renversant" le régime de Téhéran, "qui se comporte comme le parrain de l'État islamique".

La chef de file de la résistance iranienne, à laquelle les militants vouent un véritable culte de la personnalité, a également fustigé la nature "misogyne" du régime iranien, à la veille de la Journée internationale des droits des femmes. Le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, a fait part ces derniers jours de ses inquiétudes sur le rôle de l'Iran dans l'offensive destinée à reprendre Tikrit à l'EI, qui marque son implication "la plus manifeste" en Irak depuis 2004.

La coalition conduite par les États-Unis n'a pas de contact avec les milices chiites armées et conseillées par Téhéran, qui jouent un rôle essentiel à Tikrit, a expliqué le général Dempsey vendredi à quelques journalistes. Par ailleurs, selon le militaire, les Occidentaux craignent de voir l'immixtion de l'Iran exacerber les tensions confessionnelles en Irak, et ne sont pas certains que Téhéran partage les objectifs stratégiques de la coalition, attachée à l'unité de l'Irak.

"Tikrit est un excellent exemple de ce dont nous nous inquiétons. L'Iran est en train de prendre le contrôle du pays", avait déploré jeudi le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal.

Belga

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