L'opposant russe Navalny accuse Poutine et promet de rentrer en Russie

L'opposant russe Alexeï Navalny accuse le président Vladimir Poutine d'avoir commandité son empoisonnement et promet de retourner dans son pays pour poursuivre son combat.

"J'affirme que Poutine est derrière cet acte, je ne vois pas d'autres explications", a-t-il déclaré à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui a publié jeudi matin un long entretien avec l'opposant, son premier depuis sa sortie de l'hôpital berlinois où il a été soigné.

À Moscou, le président de la chambre basse du parlement, la Douma, l'a en retour accusé de travailler pour des services secrets occidentaux, et affirmé que Vladimir Poutine lui avait "sauvé" la vie". "Navalny n'a aucune honte, c'est un scélérat. Poutine lui a sauvé la vie (...), il est clair que Navalny travaille avec les services spéciaux et les autorités de pays occidentaux", a déclaré dans un communiqué Viatcheslav Volodine.

La situation russe au menu du sommet européen

Les propos de l'opposant russe interviennent alors que les dirigeants des pays européens se réunissent jeudi en sommet et que la question de la réponse de l'UE à la Russie dans cette affaire pourrait être abordée.


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L'Allemagne, qui assure la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne jusqu'à la fin de l'année, a menacé Moscou de sanctions. Et la chancelière Angela Merkel est allée personnellement rendre visite à Alexeï Navalny à l'hôpital de La Charité où il a été soigné pendant un mois.

"Pas peur"

Depuis sa sortie il y a une semaine, Alexeï Navalny, 44 ans, vit à Berlin avec son épouse Yulia et son fils, a-t-il dit au Spiegel, le temps de sa convalescence qui risque d'être longue. Mais il a signifié sa détermination de retourner dans son pays dès qu'il sera remis. 

"Je ne ferai pas le cadeau à (Vladimir) Poutine de ne pas retourner en Russie", a-t-il déclaré. "Mon objectif est de retrouver la forme aussi vite que possible, pour pouvoir rentrer." "Ne pas rentrer signifierait que Poutine a atteint son objectif, a-t-il ajouté, affirmant : Mon devoir est à présent de rester comme je suis, quelqu'un qui n'a pas peur. Et je n'ai pas peur!"


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Infatigable militant de la lutte contre la corruption et critique féroce du Kremlin a fait un grave malaise le 20 août à bord d'un avion de retour de Sibérie. Trois laboratoires européens ont conclu à son empoisonnement avec un agent neurotoxique de type Novitchok, conçu à des fins militaires à l'époque soviétique.

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