L'opposant Félix Tshisekedi proclamé vainqueur en RDC

L'opposant Félix Tshisekedi est proclamé président de la République Démocratique du Congo avec 7 millions de voix, après une élection présidentielle à un tour déjà considérée comme historique.

Ces résultats sont provisoires puisqu'ils peuvent être contestés devant la Cour Constitutionnelle et faire l'objet d'un recours.

Après 20 ans de pouvoir des Kabila père et fils

La RDC, plus grand pays d'Afrique sub-saharienne, vit une double situation historique. C'est la première fois qu'un opposant est proclamé vainqueur d'une élection présidentielle après les deux élections de Joseph Kabila en 2006 et 2011.

Félix Tshisekedi prend ainsi la suite de plus de vingt ans de pouvoir des Kabila père et fils. Le fils, Joseph Kabila, avait succédé à son père Laurent-Désiré Kabila après son assassinat en 2001, alors qu'il était président depuis 1997. 

C'était aussi la première fois que le président sortant acceptait de se retirer sous la pression de la Constitution congolaise qui ne permettait pas à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat, et non des armes.

Des résultats qui se sont faits attendre et déjà contestés

"Ayant obtenu 7.051.013 suffrages valablement exprimés, soit 38,57%, est proclamé provisoirement élu président de la République démocratique du Congo M. Tshisekedi Tshilombo Félix", a déclaré le président de la Ceni, Corneille Nangaa. 

Le président de la Commission électorale, avait promis les résultats pour 23 heures. L'annonce tant attendue est finalement tombée quatre heures plus tard, peu après trois heures du matin, heure belge.

La Ceni a fait durer le suspense avant de proclamer le nom du successeur de Joseph Kabila en égrenant d'abord le résultat des élections locales devant la presse.

Ces résultats sont en contradiction avec le décompte effectué par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), selon laquelle la victoire revient à un autre dirigeant de l'opposition, Martin Fayulu, ont cependant déclaré deux diplomates quelques instants après l'annonce de la Ceni.

Les vaincus, parmi lesquels le candidat du parti au pouvoir Emmanuel Ramazani, ont la possibilité de déposer un recours devant le Conseil constitutionnel qui dispose alors de dix jours pour mener des auditions et juger de la validité des résultats.

Des policiers ont été déployés autour du siège de la Ceni à Kinshasa et sur le principal boulevard de la capitale, de crainte de violences.

Des opposants ont accusé les autorités de fraude et des rumeurs font état de négociations secrètes entre le gouvernement et l'opposant Félix Tshisekedi, en vue d'un partage du pouvoir.

Prévue à l'origine dimanche dernier, l'annonce des résultats du scrutin avait été repoussée car la commission électorale n'avait pas reçu un nombre suffisant de procès-verbaux.

L'élection doit permettre la première transition pacifique du pouvoir dans l'histoire de la RDC alors que le président sortant, Joseph Kabila, en place depuis 2001, ne pouvait plus briguer de troisième mandat selon la Constitution.

Des partisans de Tshisekedi, qui ne doutent pas de sa victoire, ont déclaré mardi qu'ils avaient rencontré des représentants de Joseph Kabila en vue d'assurer un transfert pacifique du pouvoir. Les pro-Kabila ont démenti de tels contacts.

Les amis de Martin Fayulu, eux, soupçonnaient Joseph Kabila de vouloir négocier un accord de partage du pouvoir avec Félix Tshisekedi si Emmanuel Shadary était battu. Mardi, Martin Fayulu et six autres candidats à la présidentielle ont publié un communiqué soulignant que "les résultats du scrutin ne peuvent être en aucun cas négociés".

Corneille Nangaa, le président de la CENI (commission électorale nationale indépendante) proclame Félix Tshisekedi vainqueur des élections

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