L'ONU va-t-elle autoriser une intervention militaire au Mali?

Le week-end dernier, Bamako et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont conclu un accord de principe prévoyant l'envoi de bataillons de la Cédéao au Mali pour soutenir les soldats maliens dans leurs combats contre les islamistes. Alors que s’ouvre à New York l’Assemblée générale des Nations Unies, le Mali demande au Conseil de sécurité d’autoriser l’intervention d’une force militaire internationale pour aider l’armée malienne à reconquérir le nord du pays. La France semble d'ores et déjà soutenir l'idée d'une intervention internationale.

L'Union européenne et la Belgique sont aussi prêtes à participer, selon le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders: "J'ai déjà pris contact avec le ministre de la Défense et nous sommes prêts à faire quelque chose, comme de la formation et de l'entraînement pour les troupes de la Cédéao". Le ministre belge impose toutefois une condition à l'engagement belge. "L'intervention doit avoir des objectifs clairs et nets. A-t-elle pour objectif de renforcer le gouvernement malien? Ou s'agit-il seulement de combattre le terrorisme? "

L'ONU peut-elle autoriser une intervention au Mali?

Le professeur de droit international à l’ULB Olivier Corten explique, au micro de Bertrand Henne, que ce qui se passe au Mali est "une guerre civile puisque une partie de la population de ce pays qui lutte dans le nord contre le gouvernement. Mais la complication vient du fait que les rebelles ne sont pas tous sur la même longueur d’onde : certains veulent ‘simplement’ changer de gouvernement, mais d’autres (que beaucoup relient à des activités terroriste, notamment Al-Qaïda) voudraient plutôt faire sécession et créer un nouvel Etat, l’Azawad. Donc c’est à la fois un conflit interne et un conflit sécessionniste. Et c’est extrêmement dangereux : les Etats africains craignent que, si l’on ne fait rien, cela crée un précédent qui pourra encourager d’autres rébellions, voire des sécessions".

En théorie, les Nations Unies ne peuvent pas accéder à la demande du gouvernement malien, poursuit Olivier Corten : "Le droit international est neutre par rapport à la sécession. Il ne l’encourage pas, mais il ne l’interdit pas non plus. Mais si l’on prend des exemples récents, on ne peut pas dire que l’ONU ait particulièrement lutté contre l’indépendance du Kosovo qui, aujourd’hui encore, est un problème puisque la moitié des Etats reconnaissent le Kosovo et d’autres pas. Si le Conseil de sécurité adopte une résolution autorisant une intervention militaire au Mali, la logique serait de dire qu’il y a des éléments terroristes soutenus de l’étranger et qu’il ne s’agit donc pas d’un conflit purement interne. Et que l’ONU a toute légitimité pour intervenir dans la mesure où cela risque de s’étendre dans l’ensemble de la région africaine". 

RTBF

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