L'ONU alerte contre les violences sexuelles dans les camps de réfugiés en Grèce

La situation la plus préoccupante est dans les centres d'accueil et d'identification de Moria sur l'île de Lesbos, ici photographié le 16 mars 2017, et de Vathy à Samos, selon l'Onu
La situation la plus préoccupante est dans les centres d'accueil et d'identification de Moria sur l'île de Lesbos, ici photographié le 16 mars 2017, et de Vathy à Samos, selon l'Onu - © LOUISA GOULIAMAKI

Les demandeurs d'asile en Grèce sont confrontés à des faits de violence et de harcèlement sexuels largement répandus dans les centres bondés aux conditions d'accueil misérables, ont averti vendredi les Nations unies.

Le Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a reçu en 2017 dans les îles grecques les témoignages de 622 personnes ayant subi des violences sexuelles, dont un tiers affirmant avoir été agressées après leur arrivée en Grèce.

Toutefois, nombre des victimes sont réticentes à l'idée de faire état de l'agression subie, par peur, par honte ou par crainte de discrimination, de représailles et de stigmatisation, a déclaré la porte-parole de l'UNHCR Cécile Pouilly.

"Le véritable nombre de cas est ainsi probablement plus élevé que rapporté", a-t-elle indiqué à des journalistes à Genève, reconnaissant que le Commissariat n'avait qu'une "vision très partielle de ce qu'est la réalité".

La situation la plus préoccupante est dans les centres d'accueil et d'identification de Moria sur l'île de Lesbos et de Vathy à Samos, "où des milliers de réfugiés séjournent toujours dans des abris inadaptés avec une sécurité inadéquate".

Ces centres accueillent actuellement environ 5.500 personnes, soit le double de leur capacité, a-t-elle souligné, même si une récente accélération des transferts vers le continent a légèrement réduit la surpopulation.

"Dans ces deux centres, les douches et les latrines sont des zones de non-droit à la nuit tombée pour les femmes et les enfants", a indiqué Mme Pouilly. "Même se baigner durant la journée peut être dangereux."

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