L'ONU "alarmée" par les violences vers lesquelles semble se diriger le Burundi

Zeid Ra'ad Al Hussein, en visite à Bujumbura a également sommé les autorités burundaises de "sévir" contre la "milice des Imbonerakure", la Ligue des jeunes du parti au pouvoir, qu'il a qualifiée de "groupe dangereux" et accusée d'"opérer de plus en plus agressivement et en toute impunité".

"De nombreuses personnes bien informées, au sein et à l'extérieur des Nations Unies (...) sont alarmées de la direction que semble prendre le pays", où "les tensions ont fortement augmenté ces derniers mois, à l'approche des élections", a expliqué le Haut commissaire lors d'une conférence de presse.

Harcèlement, intimidations, violences et discours haineux

Ces tensions sont "alimentées par une hausse du harcèlement pour des motifs politiques, des intimidations et des actes de violence ainsi que par une hausse des discours haineux", a-t-il ajouté. Il a précisé que le nom des Imbonerakure "revenait sans cesse lors des discussions sur les violences et les intimidations".

"Le gouvernement et les forces de sécurité doivent sévir contre la milice des Imbonerakure, enquêter et traduire en justice ceux parmi ses membres qui ont commis des crimes. Ils doivent envoyer un message clair à ce groupe dangereux et lui signifier qu'ils ne toléreront plus ses activités extrêmes et que l'impunité sélective - un problème de grande échelle au Burundi - va cesser de régner", a-t-il lancé.

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Le siège du parti au pouvoir, le CNDD-FDD (Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie) à Bujumbura. © CARL DE SOUZA - BELGAIMAGE

Intention claire de recourir à la violence

Les tensions sont croissantes à l'approche des élections au Burundi, pays à l'histoire politique jalonnée de massacres entre majorité hutu et minorité tutsi et qui peine à panser les plaies d'une longue et sanglante guerre civile (1993-2006).

L'éventuelle candidature du président sortant Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, que ses opposants estiment inconstitutionnel et qui suscite des réserves jusqu'au sein de son propre parti, le CNDD-FDD, cristallise ces tensions.

Pierre Nkurunziza, à la tête du Burundi depuis 2005, bénéficie du soutien inconditionnel des "Imbonerakure", accusés par l'opposition et les défenseurs des droits de l'Homme de multiplier intimidations et exactions en toute impunité.

"Climat de peur"

Les "Imbonerakure" ne cachent pas leur intention de recourir à la violence en cas d'obstacles à la candidature de leur champion. L'opposition et la société civile cherchent quant à elles à empêcher à tout prix Pierre Nkurunziza de se représenter et Zeid Ra'ad Al Hussein a appelé mardi l'opposition à ne pas alimenter "le climat de peur" actuel.

"J'exhorte le président et le parti au pouvoir, ainsi que les dirigeants de l'opposition, la police et l'armée à faire passer le futur bien-être du pays dans son ensemble devant leurs propres désirs politiques", a déclaré le Haut commissaire aux droits de l'Homme.

AFP

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