Syrie: la destruction des armes chimiques est plus complexe que prévu

"Le plan est adopté", a déclaré à l'AFP Christian Chartier, porte-parole de l'OIAC, à l'issue d'une réunion des 41 membres du Conseil exécutif de l'OIAC à La Haye. Les différents étapes de ce plan vont conduire à la destruction de 1000 tonnes d'armes chimiques.

En raison du conflit syrien, l'OIAC a prévu, exceptionnellement que ces armes pourraient être détruites hors de Syrie. Cela implique une évacuation dans un environnement sécurisé. "Une phase difficile" selon l'organisation pour l'interdiction des armes chimiques. D'autant plus qu'on ne sait pas encore où ces armes vont être détruites.

Le Premier ministre albanais, Edi Rama, refuse finalement d'héberger cette destruction, que les Etats-Unis lui avaient demandé. "Il est impossible pour l'Albanie de s'impliquer dans cette opération. Nous ne disposons pas des capacités nécessaires." Ce revirement de situation fait suite à une série de manifestations populaires hostiles à ce projet.

Détruire l’arsenal sur place

Pour Olivier Lepic, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique à Paris et spécialiste des armes chimiques et biologiques, cela pose quand même problème. "Il n’y a pas 36 solutions. Très rapidement s’imposera la nécessité de détruire l’arsenal chimique syrien, ou en tout cas une grande partie de celui-ci, sur le territoire syrien. C’est la seule façon de mettre fin à ce blocage qui n’en est pas vraiment. Peu de gens doutaient que l’Albanie finirait pas refuser d’accueillir, sur son territoire, ce type de substance. On imagine bien ce que pourraient penser les populations française, belge ou albanaise à l’idée de voir un bateau rempli de neurotoxiques organophosphorés se présenter dans un port. A la fois pour des raisons de sécurité et de risque d’attentats, ce sont des substances suffisamment dangereuses pour que les pays ne soient pas ravis de les accueillir sur leur territoire. "

Trop de précipitation?

Ce n’est pas un blocage, ce n’est pas une surprise, mais le processus de démantèlement de l’arsenal syrien a été décidé très vite estime Olivier Lepic: " Aujourd’hui on se rend compte que certaines difficultés qui étaient prévisibles, apparaissent aujourd’hui. Les modalités de cette destruction seront encore discutées longtemps avant qu’on entre dans une phase effective de l’arsenal chimique syrien. "

Du côté de l'OIAC, on se refuse à dramatiser le revers du refus albanais. A chaque étape, ses problèmes et ses solutions, explique le porte-parole. Le calendrier a été conçu indépendamment de la réponse du gouvernement albanais. D'autres pistes sont à l’étude.

 

RTBF et agences

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