Louis Michel: "La Grande-Bretagne a une politique mortifère pour l'UE"

L. Michel: "La Grande-Bretagne a une politique mortifère pour l'Europe"'
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L. Michel: "La Grande-Bretagne a une politique mortifère pour l'Europe"' - © DR

Au micro de Matin première, le député européen libéral Louis Michel a fait savoir qu’il partageait l’analyse de Jacques Delors, selon qui il faut prévoir un mécanisme de sortie de l’Union européenne (UE) pour la Grande-Bretagne.

Jacques Delors, ancien président de la Commission, a suggéré la semaine dernière au Royaume-Uni de quitter l'Union européenne"Les Britanniques s'intéressent seulement à leurs intérêts économiques, à rien de plus. On pourrait leur proposer une autre forme de partenariat", a-t-il déclaré.

"Je pense que Jacques Delors a raison quand il dit qu’il faut envisager la sortie de l’Europe de la Grande-Bretagne" car celle-ci "mène une politique mortifère pour l’UE", a de son côté estimé Louis Michel dans Matin Première ce jeudi. Au-delà du cas spécifique de la Grande-Bretagne, "il faut prévoir des mécanismes qui permettent à des Etats de sortir temporairement ou définitivement de l’Union", selon le député européen libéral.

Louis Michel s’est par contre distancié de l’analyse de la situation économique de l’Union dressée par l’économiste américain Joseph Stiglitz.

D’après ce dernier, "le vrai risque pour l'économie mondiale se trouve en Europe". "Si la BCE fait de la poursuite des politiques d'austérité une condition à ses financements, cela aura pour seule conséquence d'aggraver l'état du malade", a encore déclaré le prix Nobel d’économie dans une tribune publiée dans le quotidien Handelsblatt de mercredi dernier.

Une analyse que ne partage donc pas notre ancien ministre des Affaires étrangères.

"Il a raison sur un point", concède celui-ci. "L’austérité ne nourrit pas la croissance et peut avoir un effet d’entraînement assez désastreux mais bon, on ne parle pas d’austérité, on parle de rigueur, c’est différent. On ne peut pas dépenser plus que la richesse que l‘on crée" mais on doit travailler à une meilleure répartition de ces richesses selon notre invité.

Pour cela, il faut un cadre de régulations qui permettent de "faire la différence entre le ‘finaciérisme vulgaire’ et l’entreprenariat et l’Europe va devoir régler cette question", précise Louis Michel. "Ce ‘finaciérisme vulgaire’ est autant l’ennemi de ceux qui entreprennent que de ceux qui travaillent".

D’après l’ancien commissaire européen, ce qui manque le plus à l’Europe, c’est un gouvernement économique totalement intégré au niveau de la zone euro. "On a une zone monétaire mais on n’a pas de gouvernement économique qui colle à cette zone", regrette l’élu MR.

Julien Vlassenbroek

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