L’Italie rouvre ses frontières : l’épidémie de coronavirus y est-elle terminée ?

L’Italie a rouvert ce mercredi ses frontières aux voyageurs étrangers, espérant sauver son industrie touristique moribonde après trois mois d’isolation du reste du monde. Cette ouverture arrive après une série de mesures d’un déconfinement progressif, rendu possible par une amélioration de la situation sanitaire liée au coronavirus. Pourtant, les autorités italiennes le répètent : la crise du covid-19 n’est pas terminée.

L’Italie a été l’un des pays d’Europe les plus fortement touchés par la pandémie. Le nouveau coronavirus y a fait plus de 33.500 morts. Mais depuis le début du mois d’avril, les chiffres des contaminations et des morts sont en baisse constante, 55 décès enregistrés ce mardi 2 juin par exemple. Les nouvelles infections enregistrées sont toujours localisées en majorité dans le nord de la Lombardie, la région la plus touchée du pays.

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Evolution du nombre de morts causées par le Covid-19 en Italie. (Source: European Centre for Disease Prevention and Control ) © D.R.

La libre circulation est cependant à nouveau autorisée à travers tout le pays depuis ce mercredi, en même temps que l’ouverture des frontières extérieures. Ces nouvelles dispositions permettent désormais aux habitants de la Lombardie de quitter leur région sans restriction.

Il y a deux jours, un célèbre médecin, connu comme "le médecin de Silvio Berlusconi", avait suscité de vives réactions en affirmant que le virus avait disparu d’Italie. "Les prélèvements effectués au cours des dix derniers jours ont montré une charge virale absolument infinitésimale en termes quantitatifs par rapport à ceux effectués il y a un mois ou deux mois", avait lâché le Dr Alberti Zangrillo. Pour lui, on terrorise inutilement les Italiens.

Cette sortie avait obligé les autorités à souligner que le virus est toujours bien présent dans le pays. Et aucune étude n’indique qu’il serait devenu moins contagieux ou moins dangereux.

Pas de risque?

Alors, peut-on se rendre en Italie sans prendre de risque exagéré ? Si l’on prend le critère du nombre de cas actifs dans la population, on remarque que l’Italie n’est plus aujourd’hui parmi les pays les plus contaminés : 70 cas actifs pour 100.000 habitants (alors qu’en Belgique on compte encore 290 cas actifs pour 100.000 habitants).

Pourtant, certains pays continuent à déconseiller les voyages vers l’Italie. La Suisse a prévenu que ses citoyens qui s’y rendraient seraient soumis à des mesures sanitaires à leur retour. L’Autriche a levé ses restrictions de voyage avec plusieurs pays, mais pas avec l’Italie toujours considérée comme un "point chaud". La Belgique continue à conseiller de reporter tous les voyages non essentiels vers l’Italie, comme tout à voyage à l’étranger, jusqu’au 7 juin.


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Face à ces réticences, les autorités italiennes tentent de rassurer. Le ministre des Affaires étrangères n’accepte pas que son pays soit traité "comme un lépreux" en Europe. Luigi Di Maio va entamer une tournée dans plusieurs pays pour les persuader que l’Italie est à nouveau un pays sûr pour les touristes.

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