L'Italie attend toujours une majorité pour éviter des élections anticipées, la Ligue en perte de vitesse

L’Italie attend toujours une majorité pour éviter des élections anticipées, la Ligue en perte de vitesse
L’Italie attend toujours une majorité pour éviter des élections anticipées, la Ligue en perte de vitesse - © VINCENZO PINTO - AFP

Cette fois sera-t-elle la bonne ? Le président italien convoque de nouveau les formations politiques pour des consultations mardi, au terme desquelles il pourrait enfin annoncer la formation d’un gouvernement et le nom d’un Premier ministre.

Sergio Mattarella, le président de la république italienne, met en forme les débats. Il veut aller vite pour éviter de prolonger l’instabilité politique de la troisième économie de la zone euro. Du coup, il a exigé une décision des partis pour lundi soir au plus tard. Si aucune majorité solide n’émerge, il convoquera des élections anticipées, pour le 10 novembre.

L’alliance "Ursula" pour contrer l’extrême droite de Salvini

Dans l’espoir d’isoler Matteo Salvini, les autres partis s’associent dans une coalition intitulée "Ursula". L’objectif est de rassembler tous les partis ayant voté pour la nouvelle présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen : les 5 étoiles, les démocrates et optionnellement Forza Italia.

Et il faut dire que les négociations sous le manteau vont bon train entre le Parti démocrate et le Mouvement Cinq Etoiles. Le Parti Démocrate apparaît résolu à avancer. "Sur les points de programme proposés, nous sommes ouverts à tout type de discussion", a déclaré son chef Nicola Zingaretti.

Les deux camps se mettent d’accord sur plusieurs points dont la réduction du nombre de parlementaires, ramenés à 600 contre près de 950 auparavant. Les deux partis partagent un programme économique attentif aux plus faibles et respectueux de l’environnement. Mais au sein du Mouvement Cinq Etoiles, fondé sur le rejet de la vieille classe politique, et traversé par certaines idées de droites, eurosceptiques ou marqués à gauche, les divergences sont fortes. Il reste impossible toutefois d’imaginer un gouvernement sans le Mouvement Cinq étoiles qui, même en perte de vitesse avec un score de 17% aux Européennes, reste le premier parti au parlement depuis les législatives de 2018 et ses 32% des voix.

 

Torpillée, La Ligue s’écroule dans les sondages

Pendant ce temps à Rome, Matteo Salvini a joué les trouble-fêtes en proposant aux Cinq Etoiles une réconciliation de dernière minute et un gouvernement dirigé par Luigi Di Maio. "Je ferai tout pour empêcher un gouvernement Parti Democrate-Mouvement Cinq étoiles", a-t-il déclaré.

Même si Giuseppe Conte, le chef de la coalition sortante (Lega-M5S), a fait barrage, notant que "la saison d’alliance avec la Ligue est terminée", selon les experts, une influente portion du M5S réclame de moins en moins un scrutin anticipé.

Peut-être parce qu’il s’écroule dans les sondages. L’institut Tecné donnait vendredi la Ligue à 31,3% des intentions de vote contre un record de 38% le 8 août, jour de sa rupture avec le M5S.

La même étude d’opinion montre une poussée du Parti Démocrate qui se classerait derrière la Ligue à 24,6% en cas de vote, 19% au printemps 2018. Ce sondage annonce également une reprise du Mouvement Cinq étoiles à 20,8%, trois points de mieux que le 8 août dernier.

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