L'Islande veut retrouver ses forêts détruites par les Vikings

De nos jours, l’Islande, c’est un paysage lunaire constitué de roches et de sols dépourvus d’eau en surface, mais ça n’a pas toujours été le cas. Au 9e siècle, lorsque les Vikings ont débarqué sur l’île jusque-là inhabitée et ont entamé sa colonisation, elle était entièrement boisée. Mais rapidement, les nouveaux habitants ont transformé les forêts en pâturages et le bois en maisons. Résultat : l’Islande est aujourd’hui le pays le moins boisé d’Europe.

Pour les autorités, le reboisement fait donc aujourd’hui figure de priorité nationale. Hreinn Óskarsson, le responsable stratégique du Service forestier islandais, prend l’exemple de Hafnarsandur, une vaste étendue de 6000 hectares de sable noir et de basalte au sud-ouest de l’île, "c’est l’un des pires exemples d’érosion du sol en Islande à basse altitude. Nous prévoyons un reboisement pour stabiliser le sol et protéger la ville voisine". 

Cette vaste campagne de reboisement poursuit donc un objectif de protection des zones habitées mais ce n’est pas le seul. Le gouvernement souhaite baisser de 40% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et compte bien sur la capacité des arbres à capturer le CO2 pour atteindre cet objectif.

Un coup de pouce... grâce au réchauffement climatique !

Paradoxalement, le réchauffement climatique devrait jouer un rôle positif pour la croissance des arbres. Le directeur adjoint du Service forestier islandais, Adalsteinn Sigurgeirsson explique : "Ce qui a principalement nui à la croissance des forêts, ici, ce sont les températures basses et la fraîcheur des étés mais nous nous rendons compte que cela évolue à cause du changement climatique."

Il n’est pas devenu facile de faire pousser des arbres en Islande pour autant. Ce serait même très compliqué sans les techniques modernes des pépiniéristes. Chez Kvistar, une pépinière islandaise qui produit 900.000 pins et peupliers chaque année, les arbres grandissent en serres pendant trois mois, dans un environnement à 21 °C. Il pousse ensuite à l’extérieur pendant un an avant d’être planté pour de bon. "Le pin et l’épicéa, sont issus de graines islandaises. À l’origine, ils viennent d’Alaska. Mais nous avons maintenant des arbres de 30, 40, 50 ans donnant des graines que nous collectons et que nous utilisons pour la production ", explique l’horticultrice propriétaire des lieux, Hólmfrídur Geirsdóttir.

Depuis 2015, entre trois et quatre millions d’arbres ont été plantés en Islande, soit l’équivalent d’environ 1000 hectares. Il reste donc encore pas mal de travail pour retrouver l’Islande d’avant l’arrivée de l’homme sur l’île.

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