L'Iran tire 22 missiles contre deux bases américaines en Irak, et menace des alliés des États-Unis

L'Iran tire 22 missiles contre deux bases américaines en Irak, et menace des alliés des États-Unis
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L'Iran tire 22 missiles contre deux bases américaines en Irak, et menace des alliés des États-Unis - © Tous droits réservés

Moins de quelques heures après les funérailles du général iranien Ghassem Soleimani, assassiné par drones américains, les craintes d'une escalade de violence entre les deux pays se confirment. L'Iran a riposté, la nuit de mardi à mercredi, avec 22 missiles tirés contre deux bases utilisées par l'armée américaine en Irak. Les bases de Aïn al-Assad, à 180km à l'ouest de Bagdad, et Erbil, dans le Kurdistan irakien, ont été touchées. Les tirs ont été revendiqués par les Gardiens de la Révolution iraniens et confirmés par le Pentagone.

Aucune victime irakienne

Le commandement militaire irakien a annoncé mercredi que 22 missiles se sont abattus sur deux bases sur son sol sans faire de "victime parmi les forces irakiennes". "Entre 01h45 et 02h15 (23h45 heure belge et 00h15 heure belge), l'Irak a été bombardé par 22 missiles - 17 sur la base aérienne d'Aïn al-Assad (...) et cinq sur la ville d'Erbil - qui ont tous touché des installations de la coalition" internationale antidjihadistes emmenée par les Etats-Unis, indique-t-il dans un communiqué. "Il n'y a eu aucune victime dans les rangs des forces irakiennes", est-il ajouté dans le texte, publié sept heures après l'attaque menée par Téhéran, parrain du pouvoir à Bagdad.

Coupant court aux rumeurs, l'attachée de presse de la Maison Blanche a déclaré dans un tweet que Donald Trump ne fera pas de communication officielle dans les prochaines heures. L'espace aérien au-dessus de l'Iran, l'Irak et des eaux du Golfe persique et d'Oman a été fermé à l'aviation civile par l'administration fédérale de l'aviation américaine.


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L'Iran demande aux Etats-Unis de "rappeler les troupes américaines" déployées dans son voisinage, et menace de s'en prendre à des alliés des Etats-Unis si ces derniers répliquent, selon CNN, se basant sur la chaîne Telegram des Gardiens de la Révolution. Les villes de Dubai, aux Emirats Arabes Unis, et Haifa, en Israël, seraient les prochaines cibles en cas de riposte américaine.

"Nous conseillons au peuple américain de rappeler les troupes américaines (déployées dans la) région afin d'éviter de nouvelles pertes et de ne pas permettre que la vie de ses soldats soit davantage menacée par la haine toujours croissante du régime" américain, ajoute l'armée idéologique iranienne dans un communiqué.

Le ministre des télécommunication iranien a résumé le message en quelques mots sur Twitter via le hashtag #hardrevenge

Toutes les bases militaires américaines en Irak étaient en état d'alerte maximum, vu les menaces de revenche du régime iranien. "Alors que nous évaluons la situation, et la riposte, nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour défendre le personnel américain, ainsi que ses partenaires et alliés dans la région" a précisé le Pentagone sur Twitter.

Les Gardiens "confirment avoir frappé (cette) base en Irak avec des dizaines de missiles", et menacent de "réponses encore plus dévastatrices" en cas de riposte américaine, écrit PressTV, la chaîne d'information iranienne en anglais, sur son compte Twitter.

L'Iran a pris des mesures proportionnées d'autodéfense

Le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé mercredi que son pays avait mené et "terminé" dans la nuit des représailles "proportionnées" à l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani, tué en Irak par Washington, en attaquant une base utilisée par les Etats-Unis dans ce pays.

"L'Iran a pris et terminé des mesures proportionnées d'autodéfense conformes à [...] la Charte de l'ONU en attaquant une base d'où ont été lancées des attaques lâches contre nos citoyens et officiers de haut rang. Nous ne cherchons pas l'escalade ou la guerre, mais nous nous défendrons contre toute agression", a écrit Mohammad Javad Zarif sur son compte Twitter.

Retrait des troupes allemandes, diplomates australiens en sécurité

Tous les diplomates et membres du personnel militaire australien en Irak sont "en sécurité", a affirmé le Premier ministre australien Scott Morrison mercredi, après des frappes iraniennes de représailles contre des bases militaires d'Aïn al-Assad et d'Erbil en Irak. La défense allemande a aussi confirmé que ses soldats restant en Irak "vont bien".Environ 300 militaires de l'armée australienne sont en poste dans une base au nord-ouest de la capitale irakienne Bagdad. Plus de 150 sont aussi répartis ailleurs au Moyen-Orient dans le cadre de la coalition internationale pour lutter contre le groupe terroriste Etat islamique. Le Premier ministre australien, s'exprimant lors d'un point presse mercredi, a affirmé être en contact fréquent avec ses ministres de la Défense, Linda Reynolds, et des Affaires étrangères, Marise Payne, et avec le commandant en chef Angus Campbell.

Du côté de la défense allemande, aussi impliquée dans la coalition, un porte-parole du commandement opérationnel a confirmé à l'agence dpa que "les soldats vont bien" sans donner plus de détails. Une centaine de militaires allemands sont en poste dans la région kurde au nord de l'Irak. L'Allemagne a annoncé mardi le retrait d'une partie de ses 120 soldats et leur transfert en Jordanie et au Koweït. Le plus gros contingent de la coalition est américain, soit 5.200 soldats, déployés sur plusieurs bases. La plus grande est la base aérienne d'Aïn al-Assad (ouest), ainsi que dans la capitale du Kurdistan irakien, Erbil, et à Bagdad, près de l'ambassade américaine. Cinq jours après l'élimination du général Qassem Soleimani par les Etats-Unis, l'Iran a riposté mercredi en tirant des missiles contre deux bases abritant des soldats américains en Irak.