L'Iran "ne tolèrera pas" la "violation" de Trump sur Jérusalem

Donald Trump s'apprête à reconnaître ce mercredi Jérusalem en tant capitale de l’État d'Israël, ont confirmé des membres de son administration. Depuis l'annonce de cette éventualité, les réactions politiques du monde entier pleuvent.

Au Proche-Orient, c'est un véritable tollé. Le Président remet en cause des décennies de prudence américaine sur un sujet très sensible dans cette partie du monde et ignorant les mises en garde de nombreux dirigeants de la région.

Le président iranien Hassan Rohani a fustigé la décision que doit prendre mercredi son homologue Donald Trump. L'Iran "ne tolèrera pas une violation des lieux saints musulmans", a-t-il affirmé lors d'un discours devant des responsables à Téhéran. "Les musulmans doivent rester unis face à ce grand complot".

Manuel Hassanian, représentant de l'Autorité palestinienne en Grande-Bretagne, s'est exprimé lui aussi. Il considère que "s'il dit ce qu'il a l'intention de dire sur Jérusalem en tant que capitale d'Israël, il déclare la guerre au Proche-Orient, il déclare la guerre à un milliard et demi de musulmans et à des centaines de millions de chrétiens qui n'accepteront pas l'hégémonie israélienne sur les lieux saints".

"Le monde entier s'y oppose"

Pour Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution iranienne, "ils disent vouloir reconnaître Jérusalem en tant que capitale de la Palestine occupée à cause de leur incompétence et de leur échec". Le ministre turc des Affaires étrangères considère lui aussi que ce serait une "grave erreur" qui n'apportera aucune stabilité. "Le monde entier y est opposé".

Sur Twitter également les critiques sont nombreuses. Bekir Bozdag, vice-Premier ministre turc a publié que "reconnaître Jérusalem en tant que capitale, c'est ignorer l'histoire et les réalités de la région. C'est une grande injustice/cruauté, un manque de discernement, une irresponsabilité et une folie, c'est pousser la région et le monde à s'embraser sans qu'on puisse voir d'issue".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est, par contre, resté totalement silencieux sur la question de Jérusalem mercredi lors d'un discours prononcé au cours d'une conférence diplomatique.

Inquiétudes européennes

En Europe, les réactions sont identiques. Emmanuel Macron avait déjà partagé son inquiétude à Donald Trump lundi lors d'un appel téléphonique.

Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères, attend de voir ce que Donald Trump dira exactement, mais "les informations qui nous sont parvenues nous inquiètent parce que nous pensons évidemment que Jérusalem doit faire partie du règlement définitif entre Israël et les Palestiniens".

Il n'y a pas uniquement des réactions politiques, le Pape François a appelé mercredi au respect du statu quo de Jérusalem et à faire preuve de "sagesse et prudence". "Je ne peux taire ma profonde inquiétude pour la situation qui s'est créée ces derniers jours" autour de Jérusalem, a déclaré le pape lors de son audience hebdomadaire. "J'adresse un appel vibrant pour que tous s'engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l'ONU".

"La Terre Sainte est par excellence, pour nous, chrétiens, la terre du dialogue entre Dieu et l'humanité (...) La première condition du dialogue est le respect réciproque et l'engagement à renforcer ce respect pour la reconnaissance des droits de tous les peuples, où qu'ils vivent", avait t'il déjà déclaré mardi.

 

Sujet du JT 13h sur les inquiétudes locales et internationales à propos de Jérusalem:

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