L'Iran abat un drone américain: "Une énorme erreur" pour Donald Trump

L'Iran annonce avoir abattu un drone américain de type Global Hawq, ici en version civile.
L'Iran annonce avoir abattu un drone américain de type Global Hawq, ici en version civile. - © SAUL LOEB - AFP

L'Iran a abattu un drone américain qui se trouvait selon lui dans son espace aérien, provoquant une vive réaction du président américain. "L'Iran a fait une énorme erreur!", a lancé, d'un tweet laconique et menaçant, le locataire de la Maison Blanche dans un climat de tensions croissantes entre Téhéran et Washington.

Plus tard, le président américain a cependant évoqué l'hypothèse d'une erreur humaine. "J'ai le sentiment que c'était une erreur faite par quelqu'un qui n'aurait pas dû", a déclaré M. Trump depuis le Bureau ovale. "J'ai du mal à croire que cela était délibéré", a-t-il ajouté.

L'Iran veut interpeller l'ONU

Selon les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, un drone Global Hawk a été abattu à 04H05 par un missile au dessus de la mer d'Oman après avoir violé l'espace aérien iranien. Il avait décollé mercredi à 19h44 GMT d'une base américaine sur "la rive sud du golfe Persique", "éteint tous ses dispositifs de reconnaissance", passé le détroit d'Ormuz et mis le cap vers l'est en direction du port iranien de Chabahar, ont-ils affirmé. Selon les Gardiens, l'appareil a été abattu au retour de sa mission, dans la zone côtière près de Bandar-é Jask.

L'Iran à l'intention de porter l'affaire "devant l'ONU" afin de démontrer que les États-Unis mentent et qu'ils ont agressé la République islamique, a annoncé le ministre des Affaires étrangères. "Nous allons porter cette nouvelle agression devant l'#ONU et montrer que les Etats-Unis mentent" lorsqu'ils affirment que le drone se trouvait au-dessus des eaux internationales, a écrit sur Twitter Mohammad Javad Zarif.

A 34 kilomètres des côtes iraniennes

Les États-Unis ont confirmé que les forces iraniennes avaient abattu un drone de surveillance de l'US Navy mais assuré qu'il se trouvait "dans l'espace aérien international" et a dénoncé une "attaque injustifiée". Selon le général américain Joseph Guastella, chef des forces aériennes du commandement central américain, le drone américain se trouvait à 34 km des côtes iraniennes lorsqu'il a été abattu par l'Iran. Le drone Global Hawk "n'a violé l'espace aérien iranien à aucun moment durant sa mission", a-t-il assuré.

Selon le commandement central des forces américaines, le drone a été abattu par un missile sol-air iranien au-dessus du détroit d'Ormuz. Ce détroit est un point de passage stratégique pour l'approvisionnement mondial de pétrole, près duquel deux tankers ont été attaqués le 13 juin, environ un mois après des sabotages contre quatre navires dont trois pétroliers à l'entrée du Golfe. Les Etats-Unis ont imputé ces attaques, qui n'ont pas été revendiquées, à l'Iran. L'un des deux navires attaqués le 13 juin a été touché par une mine-ventouse "semblable à celles utilisées par l'Iran", a assuré l'US Navy.

En dépit des affirmations répétées des États-Unis et de l'Iran selon lesquelles ils ne cherchent pas la guerre, l'escalade et la multiplication des incidents dans la région du Golfe font craindre qu'une étincelle ne mette le feu aux poudres.


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La violation des frontières iraniennes est la "ligne rouge" à ne pas franchir, a prévenu le général de division Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens. "Notre réaction est, et sera, catégorique et absolue". "Nous protestons contre toutes les démarches provocatrices qui portent atteinte à l'intégrité territoriale de notre pays", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne Abbas Moussavi, avertissant que "la responsabilité des conséquences éventuelles de ces actions incombera entièrement aux agresseurs". Aucune image de l'appareil détruit n'a été publiée par les médias iraniens.

Téhéran a démenti toute implication et laissé entendre que les attaques du 13 juin pourraient être un coup monté des Etats-Unis pour justifier le recours à la force contre l'Iran. Après le tweet du président américain jeudi, les cours du pétrole ont bondi. Déjà en hausse, le baril de WTI, référence à New York, a accentué sa progression après la publication du message de Donald Trump. Il évoluait vers 16H15 GMT à 57,10 dollars, en hausse de 6,2%. A Londres, le baril de Brent s'envolait de 4,19% à 64,41 dollars après avoir pris jusqu'à 4,8%.

Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde contre un éventuel recours des États-Unis à la force contre l'Iran, estimant que cela serait "une catastrophe" pour la région. Mercredi, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a estimé que le risque de guerre dans le Golfe n'était pas écarté. Selon Paris, le conseiller diplomatique d'Emmanuel Macron, Emmanuel Bonne, a effectué mercredi une visite éclair en Iran en vue "de contribuer à une désescalade des tensions". Celles-ci ne cessent de monter depuis que le président américain a décidé en mai 2018 de retirer son pays de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, et de rétablir de lourdes sanctions contre Téhéran. Les États-Unis viennent de renforcer davantage leur dispositif militaire au Moyen-Orient après l'annonce par l'Iran que ses réserves d'uranium faiblement enrichi passeraient bientôt au-dessus de la limite prévue par l'accord de Vienne.

 

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