L'indépendance du Kosovo est "légale", pour La Haye

RTBF
RTBF - © RTBF

La Cour internationale de Justice estime que la proclamation unilatérale d'indépendance du Kosovo, en 2008, n'enfreint pas le droit international. Cet avis non contraignant était très attendu par les différents protagonistes.

La cour "conclut que la déclaration d'indépendance du 17 février 2008 n'a pas violé le droit international général", a déclaré Hisashi Owada, le président de la CIJ, au Palais de la Paix de La Haye, dans un avis très attendu.

La Belgique, la Suisse et la France avaient été parmi les premiers pays à reconnaître l'indépendance de l'ancienne province serbe.

Soixante-neuf pays, dont les Etats-Unis, 22 des 27 pays de l'Union européenne et tous les états issus de l'ex-Yougoslavie, ont jusqu'ici reconnu l'indépendance du Kosovo, qui compte 2 millions d'habitants, dont plus de 90% sont Albanais.

Les massacres de plus de 10 000 civils albanais et l'expulsion de plus de 800 000 d'entre eux vers les pays voisins par l'armée et les milices serbes au printemps 1999 avaient conduit l'OTAN à intervenir et à chasser l'armée serbe du Kosovo.

Le Kosovo avait alors été placé sous administration de l'ONU et des forces de l'OTAN y stationnent toujours pour assurer la sécurité des Kosovars.

Aujourd'hui, l'Union européenne a pris la relève de l'ONU. 

Défaite diplomatique pour la Serbie

La position de la Cour ne changera vraisemblablement pas la donne dans les Balkans, où la Serbie devrait continuer à camper sur ses positions. La Serbie a toujours refusé de reconnaître l'indépendance du nouvel État, notamment pour des raisons symboliques puisque c'est au Kosovo que se déroula la bataille de Kosovo Polje, au cours de laquelle les princes serbes défirent les Ottomans en 1389 .

C'est pourtant la partie serbe qui avait obtenu en octobre 2008 de l'Assemblée générale des Nations unies qu'elle saisisse la CIJ sur la légalité de la proclamation d'indépendance du Kosovo. Le 7 juillet devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le président serbe Boris Tadic a assuré que son gouvernement ne reviendrait pas sur sa position. "Jamais, dans aucune circonstance, une direction démocratique en Serbie ne reconnaîtra, implicitement ou explicitement, la déclaration unilatérale d'indépendance".

La décision de la CIJ aura certainement une influence sur la reconnaissance internationale du Kosovo par d'autres pays, ainsi que sur le destin européen des deux pays. Mais elle pourrait aussi donner des ailes à des mouvements autonomistes ou indépendantistes à travers le monde, estime-t-on généralement.

 

T.N.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK