L'île Maurice, un paradis... fiscal, qui siphonne les rentrées d'argent en Afrique

L'île Maurice, un paradis... fiscal qui siphonne les rentrées d'argent en Afrique
L'île Maurice, un paradis... fiscal qui siphonne les rentrées d'argent en Afrique - © Tous droits réservés

Après les "Panama papers" et les "Lux leaks", place aux révélations des "Mauritius Leaks". 200 000 documents, mis au jour par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), qui révèlent l'optimisation fiscale pratiquée par des multinationales à l'île Maurice, au détriment d'autres pays africains.

Mondialement connue pour ses plages de sable fin, ses eaux cristallines et ses hôtels majestueux, l'Ile Maurice est un paradis pour touristes, autant que pour multinationales. Cette petite nation, nichée au milieu de l'océan indien, a instauré une fiscalité particulièrement avantageuse à l'égard des entreprises étrangères. Placée par l'Union européenne sur la liste grise des paradis fiscaux, l'île impose les bénéfices des grandes sociétés au très faibles taux de 3%. Et cela fonctionne. Selon le consortium, 630 milliards de dollars d’actifs étrangers sont logés sur place.

De Goldman Sachs à Whirlpool, en passant par Bob Geldolf

Goldman Sachs, Deutsche Bank, BNP Paribas, ou encore Wal-Mart, Whirlpool et Total, nombreuses sont les multinationales à avoir domicilié une partie de leurs activités sur l'île. Légale, cette course à l'optimisation fiscale pénalise d'autres pays africains, qui du coup se voit privés de recettes. La faute aux nombreuses conventions fiscales qui lient Maurice à un autre état d'Afrique. Ces traités, censés éviter la double-imposition des personnes, physique ou morale, permettent aujourd'hui à ces sociétés de toucher le jackpot fiscal.

Présentes dans plusieurs pays d'Afrique, ces entreprises transfèrent artificiellement leurs bénéfices vers l'Ile Maurice afin d'échapper à l'impôt local. Résultat, un manque à gagner fiscal conséquent pour des nations en proie à la pauvreté. Le Lesotho ou le Sénégal souhaitent aujourd'hui renégocier leurs conventions signées avec cette île paradisiaque, à tous les sens du terme.

En plus des multinationales, Maurice attire également de riches hommes d'affaires soucieux de réduire leur empreinte fiscale. Ils sont Ougandais, Nigérians ou encore Irlandais. Ainsi, Bob Geldolf, le rocker philanthrope, engagé pour une plus grande transparence des affaires, a domicilié sur l'île son fonds d'investissement, "8 Miles", afin d'échapper à l'impôt.

En réaction à ces révélations du ICIJ, l'ONG Oxfam plaide encore et toujours pour l'instauration d'un taux effectif minimum d'imposition mondial sur les sociétés "payable par toutes les multinationales où qu'elles soient implantées." 

 

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