L'ex-espion russe empoisonné "très probablement par Moscou", selon Donald Tusk

L'ex-espion russe empoisonné "très probablement par Moscou", selon Donald Tusk
L'ex-espion russe empoisonné "très probablement par Moscou", selon Donald Tusk - © MARTTI KAINULAINEN - AFP

Le président du Conseil européen Donald Tusk a estimé mercredi à Helsinki que la Russie était "très probablement" derrière l'empoisonnement de l'ex-espion Sergueï Skripal en Angleterre.

"J'exprime ma pleine solidarité avec la Première ministre (britannique, ndlr) Theresa May après l'attaque brutale inspirée, très probablement, par Moscou", a écrit M. Tusk sur son compte Twitter en marge d'une visite officielle dans la capitale finlandaise.

M. Tusk s'est déclaré "prêt" à mettre la crise diplomatique ouverte entre le Royaume-Uni et Moscou dans cette affaire à l'ordre du jour du prochain sommet européen prévu la semaine prochaine à Bruxelles.

Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, ont été retrouvés inconscients le 4 mars sur un banc à Salisbury, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Ils sont depuis hospitalisés dans un état "critique".

Selon Londres, la substance utilisée appartient au groupe des agents toxiques "Novitchok", mis au point par la Russie à l'époque soviétique.

Le Kremlin clame son innocence

Theresa May s'apprêtait mercredi à annoncer des sanctions contre la Russie après un Conseil de sécurité nationale (NSC) réuni à l'expiration d'un ultimatum lancé à Moscou.

Le Kremlin dénonce des accusations "sans preuves" et a rejeté l'ultimatum des Britanniques, affirmant que la Russie n'avait "aucun rapport avec ce qui s'est passé en Grande-Bretagne".

Plusieurs pays de l'UE, dont la France et l'Allemagne, ont apporté leur soutien à Theresa May, même si le président français Emmanuel Macron n'a pas commenté les accusations de Londres contre Moscou.

M. Tusk a par ailleurs appelé le président américain Donald Trump à resserrer les rangs face à la Russie plutôt que de lancer une "guerre commerciale" contre l'UE, en référence aux taxes sur l'importation d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis imposées par Washington.

"Pour de vrais amis, ce devrait être évident: dans un contexte de propagation de fausses informations, d'interférence dans nos élections et d'attaques à l'agent innervant contre des personnes sur notre sol, la réponse ne doit pas être des chamailleries transatlantiques mais l'unité transatlantique", a-t-il plaidé.

L'Otan profondément préoccupée

L'Otan a exprimé mercredi sa "profonde préoccupation" après l'empoisonnement de l'ex-espion Sergueï Skripal en Angleterre, dénonçant "la première utilisation offensive d'un agent neurotoxique" sur le territoire de l'Alliance atlantique depuis sa création en 1949.

"Les alliés ont exprimé leur solidarité avec le Royaume-Uni, offert leur soutien à l'enquête en cours et appelé la Russie à répondre aux questions par le Royaume-Uni", indique un communiqué de l'Otan publié après la réunion hebdomadaire du Conseil de l'Atlantique nord (CAN, les ambassadeurs des 29 pays de l'Alliance).

Au Royaume-Uni, Theresa May réunit son conseil de sécurité:

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