L'Europe se met en vitrine et reparle de taxe sur les transactions

José Manuel Barroso
José Manuel Barroso - © Stephen Chernin (AFP)

Le discours sur l'état de l'Union européenne que José Manuel Barroso a prononcé devant les eurodéputés était attendu. "La crise de la dette est le plus grand défi de l'histoire de l'Union Européenne". Le ton est donné d'emblée, le président de la commission dramatise son discours devant le parlement européen à Strasbourg.

Le discours de José Manuel Barroso présente sa vision de la situation et de l'avenir de l'Union, un discours pour aussi lancer les pistes de la Commission pour résoudre la crise. Une crise économique et sociale, mais également une crise de confiance selon José Manuel Barroso. 

José Barroso le sait en arrivant à Strasbourg, les députés l'attendent au tournant. Accusé d'être vendu aux grands Etats, d'être silencieux face à des Etats qui tardent à prendre les décisions, le président de la Commission se veut volontaire. Bien sûr, tout ce qu'il propose devra être adopté ensuite par les Etats membres et par les députés, "mais je fais mon boulot", dit-il. 

La Commission propose donc une taxe sur les transactions financières. Une question d'équité, selon José Manuel Barroso: les Etats se sont endettés pour aider le secteur financier qui maintenant doit prendre sa part du coût de la crise. 

Emprunter tous ensemble pour éviter aux Etats fragiles d'être seuls face aux marchés, la Commission y travaille. Et quand tout le monde aura mis de l'ordre dans ses finances, ces emprunts communs seront un plus pour l'Union. 

Cela fait des années que des économistes, des hommes politiques la réclament, des années que les décideurs n'en veulent pas, évoquant notamment des conséquences économiques désastreuses.

Mais la crise est passée par là, le monde financier a plusieurs fois réclamé le soutien financier des Etats qui à leur tour envisagent de faire participer les marchés au financement public. Reste que la proposition de Bruxelles ne sera pas aisée à faire accepter et à voter.

La Commission rappelle d'abord le principe: prélever une certaine somme sur toutes les transactions financières dans l'Union. Certains Etats membres ont déjà dit tout le mal qu'ils pensaient de cette taxe. Selon eux, les places financières européennes seront délaissées au profit de pays tiers. La Commission estime que cela dépend du montant de la taxe, peu élevé pour éviter un impact trop important. Cela dépend aussi des cibles visées: tous les produits financiers pour récolter des montants conséquents avec une petite taxe. Cela dépend enfin de qui est concerné: tous les acteurs financiers qui travaillent dans l'Union même s'ils ne sont pas européens.

Pour la Commission, il est normal que le secteur financier participe au coût de la crise, d'autant que les Etats se sont parfois lourdement endettés pour sauver ces mêmes acteurs. En outre, rappelle la Commission, il n'y a pas de TVA sur les services financiers, ce qui représenterait 18 milliards d'euros par an. La taxe permet d'impliquer davantage les acteurs financiers.

La Grèce fera toujours partie de la zone euro

Enfin, la Commission le répète, la Grèce fait partie et fera toujours partie de la zone euro. Et puis, il serait temps de cesser de se flageller et se mettre au travail, lance José Manuel Barroso à l'adresse des Etats membres de l'Union.

Les députés ont longuement applaudi José Manuel Barroso. La tonalité générale était tout de même moins positive, les députés ont majoritairement demandé au président de la Commission de tenir un discours aussi pro-européen et aussi ferme à l'égard des Etats membres. 

Anne Blanpain

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