L'Europe réplique timidement au dangereux chantage hongrois

Ces temps-ci, la Hongrie s'illustre souvent. Et pas toujours de manière positive. Elle a ainsi pris diverses mesures visant à museler les médias et toutes les oppositions, sociales et politiques. Le premier ministre Viktor Orban et son parti de droite nationaliste Fidesz profitent de leur totale suprématie parlementaire et multiplient les réformes antidémocratiques.

Nombreux sont les observateurs qui estiment que l'Union europénne ne réplique que très mollement et de manière très sélective aux infractions de la Hongrie aux droits et libertés.

"C'est certainement une course en avant de Viktor Orban parce que sa politique économique ne produit pas les effets escomptés", analyse Jean-Michel Dewaele, politologue et spécialiste de l'Europe centrale (ULB). "Dans la situation actuelle de l'Union européenne, Viktor Orban joue sur le thème 'vous n'oserez pas nous laisser tomber car ce pourrait être le début de l'effondrement du château de cartes'. Il joue cette carte à ce moment-ci en sachant l'Union européenne en grande fragilité et il se dit que l'Union européenne n'osera pas prendre des mesures économiques qui risqueraient de mettre à mal le système bancaire hongrois qui est très dépendant des systèmes bancaires autrichien et allemand. Ces deux états ont beaucoup investi en Hongrie. Ils doivent donc y réfléchir à deux fois avant de mettre l'économie hongroise encore plus à mal. C'est cette carte-là que joue Viktor Orban. C'est du chantage."

PIAB, avec M. Molitor
Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK