L'Europe rejette l'augmentation du prix des quotas d'émission de CO2

Les eurodéputés ont rejeté une proposition de geler 900 millions de tonnes de quotas d'émissions sur les 8,5 milliards mis en vente dans l'UE sur la période 2013-2020. Un tel gel aurait permis de faire doubler le prix du CO2 (aujourd'hui tombé à moins de 5 euros la tonne) et faire payer plus cher les gros pollueurs. 

Après un vote très serré, par 334 voix contre 315 et 63 abstentions les députés se placent du côté des grosses industries, déjà durement touchées par la récession actuellement, et laissent la lutte contre le changement climatique au second plan. 

La Commission européenne "regrette ce résultat", a déclaré la vice-présidente Neelie Kroes, en charge de la stratégie numérique.

L'amendement qui a tué la proposition défendue par la commissaire chargé du Climat, Connie Hedegaard, a été déposé par le groupe du Parti populaire européen (PPE-droite), la première force du Parlement européen qui rassemble notamment les élus UMP français et CDU allemands.

Pour "sauver" l'industrie, qui possède déjà 2 milliards de quotas

"Nous ne voulons pas faire supporter une nouvelle taxe" à l'industrie, a expliqué sa représentante, l'Italienne Amalia Sartori.

Le PPE a reçu dans son offensive le soutien de la Gauche unitaire européenne (GUE-communiste) qui considère le marché européen des quotas d'émission (ETS) "inefficace et pervers". Les conservateurs britanniques et le groupe eurosceptique dirigé par Nigel Farrage ont également voté contre, ainsi que certains élus libéraux allemands.

Principal instrument des engagements climatiques européens, le marché des quotas d'émission de CO2 (ETS) est en pleine crise. Le prix de la tonne de carbone est descendu à 4,80 euros, contre dix euros il y a un an et il a encore chuté mardi après le rejet de la proposition de Connie Hedegaard.

Les 12 000 entreprises parties prenantes doivent depuis cette année acheter leurs droits à polluer, alors qu'ils leur étaient auparavant alloués gratuitement par les Etats.

Les entreprises les plus polluantes, notamment la sidérurgie, "ont tout intérêt à un prix du CO2 très bas", souligne-t-on de source européenne. D'autant qu'elles ont un trésor de 2 milliards de quotas non utilisés qui vont leur permettre de polluer gratuitement pendant des années, a-t-on précisé.


BF et AFP
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