Pour Philippe Lamberts,"l'Europe est irresponsable dans la crise catalane"

Philippe Lamberts, coprésident du groupe des Verts/ALE au Parlement
Philippe Lamberts, coprésident du groupe des Verts/ALE au Parlement - © DIRK WAEM - BELGA

Philippe Lamberts était l'invité de La Semaine de l'Europe ce dimanche. Le coprésident du groupe des Verts/ALE au Parlement européen revient sur une semaine mouvementée pour la Commission européenne. Il s'est notamment penché, au micro de Sandro Calderon et Olivier Hanrion, sur la gestion de la crise catalane. 

Une Commission rangée derrière Madrid ? 

Les députés européens ont débattu en urgence ce mercredi après-midi de la situation en Catalogne au moment où la crise politique s'approfondit entre le gouvernement de Madrid et le président indépendantiste catalan Carles Puigdemont. Un débat très cadenassé: un orateur était désigné par groupe et parmi eux pas un espagnol. Frans Timmermans, le premier vice-président de l'exécutif européen, a également pris la parole. Il a observé qu'en "politique la violence ne résout rien. Ce n'est jamais une réponse ou une solution et, elle ne peut jamais être utilisée comme une arme ou un instrument. Cependant, il est du devoir de tout gouvernement de défendre l'Etat de droit. Et, cela parfois exige l'usage proportionné de la force.

Philippe Lambert distingue deux manières d'interpréter les propos tenus par le vice-président de la Commission. "On peut d'abord se dire qu'il a pris le parti du gouvernement de Madrid et donc, il se lave les mains de ce qu'il se passe. On peut aussi et, c'est une lecture optimiste des choses, se dire qu'avant de pouvoir intervenir, il doit donner des gages au gouvernement de Madrid donc, montrer qu'il est de son côté. Tout en sachant que du côté catalan, je pense que si demain la Commission devait proposer ses bons offices, les catalans accepteraient même après ce que Frans Timmermans a dit. Quelque part ça peut être vu comme une manière de rassurer Madrid.

"Les enjeux sont tellement graves qu'on ne peut pas rester au balcon"

Le chef de file des élus écologistes se dit toutefois déçu du discours de Frans Timmermans. "Quand on sait qu'il est quand même souvent prompt à s'envoler quand il s'agit de la Pologne... Comment peut-il justifier la proportionnalité de la violence ? Je suis désolé... Ce n'était pas des casseurs qui étaient en train de tout casser à Barcelone. C'était des gens dont le seul tort était de vouloir aller voter à un référendum inconstitutionnel." 

Pour Philippe Lamberts, une chose est sûre l'Union européenne doit agir : "Le potentiel destructeur de cette crise est, je pense, très largement sous-estimé. On a vu dimanche dernier à quelle vitesse la violence pouvait se manifester(...)Les enjeux sont tellement graves qu'on ne peut pas rester au balcon."

L'eurodéputé a d'ailleurs proposé que la Commission européenne joue un rôle de médiateur dans cette crise. Une proposition peu populaire au sein de l'hémicycle: "Certains diront qu'à ce stade le gouvernement de Madrid ne se place pas en situation de non respect de l'Etat de droit ou de la législation européenne. C'est vrai ! Néanmoins, la Commission pourrait proposer ses bons offices ! Même cela, c'est perçu comme excessif.", déplore Philippe Lamberts.

Retrouvez l'entièreté de l'interview de Philippe Lamberts dans La Semaine de l'Europe sur RTBF Auvio.

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