L'Europe avance à petits pas vers plus d'indépendance énergétique

L'Europe avance à petits pas vers plus d'indépendance énergétique (Illustration)
L'Europe avance à petits pas vers plus d'indépendance énergétique (Illustration) - © EU/AFP/Vladimir Simicek

L'Union européenne veut mettre fin à sa dépendance énergétique à l'égard de la Russie, notamment pour garantir la sécurité des approvisionnements. Cette dépendance vis à vis de la Russie touche particulièrement les pays baltes qui se retrouveraient démunis si la Russie décidait de fermer les vannes. D'ailleurs, le géant russe de l'énergie Gazprom en a largement profité puisque que l'entreprise aurait surfacturé de 40% certaines de ses livraisons dans plusieurs pays de l'Union où elle bénéficiait d'une position de monopole.

Désenclaver les pays baltes

Pour avancer vers cette indépendance énergétique, la Lituanie et la Pologne vont signer ce jeudi un accord pour construire un pipeline entre les deux pays et désenclaver les pays baltes. Par ailleurs, la Lituanie a aussi développé il y a un an un terminal flottant de gaz naturel liquéfié baptisé "Indépendance". Ce terminal permet à la Lituanie d'acheter du gaz norvégien, de le stocker et d'assurer une large partie des besoins en gaz des pays baltes. Des câbles électriques sont également en cours d'installation entre la Suède et la Lituanie, ce qui permettra à la région de s'arrimer au réseau électrique européen. La diversification des sources d'approvisionnement fait partie de la stratégie de désenclavement énergétique de ces pays.

Tout cela résulte en fait de la politique européenne de l'énergie. Ces derniers mois, la Commission européenne a lancé deux types d'actions. D'abord, elle a encouragé les pays de l'Union a développer des coopérations régionales, notamment par un nouveau réseau de gazoducs comme celui qui va être lancé entre la Lituanie et la Pologne. L'Union européenne va en financer une grande partie : 300 millions sur les 558 millions d'euros que coute le projet. Et un autre projet de ce type est en cours entre l'Estonie et la Finlande. En développant ce genre de réseau, l'Union européenne veut permettre aux pays d'Europe de l'Ouest de fournir les pays d'Europe de l'Est. C'est un premier pas concret vers une vraie union énergétique, c'est à dire un marché unique de l'énergie qui devrait aussi permettre de faire baisser les prix.

Quelques petites avancées

Ensuite, la Commission européenne a décidé de mettre plus de pression sur le géant russe Gazprom. En avril dernier, elle a ouvert une enquête antitrust contre Gazprom à qui elle reprochait un abus de position dominante, des prix trop élevés ou encore l'interdiction faite à certains clients de revendre leur gaz à d'autres pays. Si ces accusations étaient avérées, l'entreprise serait confrontée à une amende de 10 milliards d'euros. Il y a quelques semaines, les Russes ont répondu à ces accusations. La réponse est en train d'être étudiée par les services de la concurrence de la Commission européenne mais on a clairement l'impression que la tendance est à l'apaisement.

Plus tôt cette semaine, on apprenait également que Gazprom allait reprendre la livraison de gaz vers l'Ukraine suspendue cet été. C'est peut-être le signe que la politique européenne de l'énergie commence enfin à porter ses fruits. On est encore loin du grand marché unique de l'énergie mais l'indépendance énergétique européenne commence à devenir une petite réalité. Gazprom qui voit ses bénéfices s'évaporer vient sans doute de s'en rendre compte.

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