L'Etat islamique revendique sa première attaque en territoire congolais

L'Etat islamique revendique sa première attaque en territoire congolais
L'Etat islamique revendique sa première attaque en territoire congolais - © ALAIN WANDIMOYI - AFP

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a pour la première fois revendiqué une attaque menée dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), à la frontière avec l'Ouganda, une région en proie à des troubles depuis des décennies, rapportent vendredi des médias internationaux et congolais.

Deux messages de l'agence Amaq, organe de propagande du groupe terroriste, affirment que des "combattants de l'État islamique" ont participé à l'attaque d'une caserne de Bovata, près de Beni, dans le nord de la province du Nord-Kivu, une région également touché par une épidémie d'Ebola , qui a fait au moins 843 morts depuis août.

C'est par le biais d'un message publié jeudi par Amaq, son agence de propagande, que le groupe terroriste État islamique a revendiqué pour la première fois une attaque sur le territoire congolais, a indiqué l'hebdomadaire français 'Jeune Afrique' sur son site internet.

Le texte reste flou sur les circonstances et la date des faits présumés. Il affirme que "des combattants de l'EI" ont mené une opération près de Kamango, dans la région de Béni, à la frontière avec l'Ouganda, selon le 'Kinshasa Times'.

Le communiqué précise toutefois que l'attaque aurait ciblé une caserne des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) basée dans le village de Bovata. La région de Beni est depuis octobre 2014 le théâtre d'attaques chroniques et de massacres de civils - plusieurs centaines de morts - attribuées aux ADF (Allied Democratic Forces, un groupe rebelle ougandais).

Attaques régulières

"Cette attaque, revendiquée par l'État islamique, a bien eu lieu. Elle s'est déroulée le mardi 16 avril à Kanyimbe, dans la chefferie de Watalinga, près de Kamango", a confirmé à 'Jeune Afrique', sous le couvert de l'anonymat, une source militaire basée dans la région.

Des sources militaires onusienne et congolaise ont quant à elles indiqué à Radio France Internationale (RFI) qu'une attaque à bel et bien eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi dans cette localité située à une dizaine de kilomètres de Kamango, contre une position de l'armée. L'attaque qui a fait, selon la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco), deux morts parmi les militaires et un parmi les civils.

Les assaillants - non identifiés - "ont temporairement occupé" cette position, selon la Monusco, jusqu'à ce que l'armée congolaise la reprenne. La localité concernée se trouve dans la zone d'activité des rebelles musulmans ougandais des Forces démocratiques alliées (Allied Defence Forces, ADF). Et, depuis plusieurs années, les autorités congolaises assurent disposer d'une "documentation importante" sur des liens entre cette rébellion d'origine ougandaise et le groupe EI (alias Daech, selon son acronyme arabe).

Lors de se récente visite aux Etats-Unis, le nouveau président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo avait sollicité le soutien de Washington pour éradiquer la présence des terroristes islamistes dans la partie orientale de la RDC.

Lors d'une allocution devant le cercle de réflexion Council on Foreign Relations, il avait indiqué qu'après la défaite de Daesh et d'Al-Qaida au Moyen orient, et d'autres groupes du genre dans d'autres parties du continent africain, les islamistes tentent de s'installer en RDC et d'exploiter illégalement les richesses minières congolaises pour financer leurs activités.

Newsletter RTBF Info - Afrique

Chaque semaine, recevez l’essentiel de l'actualité sur le thème de l'Afrique. Toutes les infos du continent africain bientôt dans votre boîte de réception.

OK