L'état de droit ou l'indépendance: quel est le vrai résultat du référendum en Catalogne? Et que va-t-il se passer?

L'état de droit ou les indépendantistes: qui a vraiment gagné le référendum en Catalogne? Et que va-t-il se passer?
L'état de droit ou les indépendantistes: qui a vraiment gagné le référendum en Catalogne? Et que va-t-il se passer? - © Tous droits réservés

A coups de matraque et de balles en caoutchouc, la police espagnole a tout fait dimanche pour tenter d'empêcher un référendum interdit sur l'indépendance de la Catalogne, faisant plus de 800 blessés, Madrid et Barcelone se renvoyant la responsabilité des incidents.

Les deux parties ont aussi eu une lecture très différente des événement de ce dimanche. Lors d'une allocution télévisée en soirée, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy s'est félicité de ce que "l'Etat de droit restait en vigueur avec toute sa force". "Aujourd'hui, il n'y a pas eu de référendum d'autodétermination en Catalogne", a-t-il dit ...alors que le dépouillement avait commencé par endroits dans la région.

319 bureaux de vote qui devaient servir au référendum d'autodétermination interdit en Catalogne ont en effet été fermés, souvent avec violence, par les forces de l'ordre, mais selon le gouvernement régional, de nombreux Catalans ont malgré tout pu voter, l'exécutif catalan ayant annoncé à la dernière minute la mise en place d'un système universel de recensement qui permettait de voter dans n'importe quel bureau de vote.

Le président régional catalan Carles Puigdemont a ainsi assuré dimanche soir à Barcelone que les Catalans avaient "gagné le droit d'avoir un Etat indépendant", dans une allocution solennelle entouré du reste de l'exécutif régional: "Les citoyens de Catalogne, nous avons gagné le droit d'avoir un Etat indépendant qui prenne la forme d'une République", a-t-il déclaré, en saluant la mobilisation dimanche de "millions" de personnes pour le référendum sur l'indépendance de la région, en dépit de son interdiction.

Des ailes aux indépendantistes

C'est le scénario que craignaient beaucoup d'observateurs: en intervenant violemment, le pouvoir espagnol a finalement renforcé et donné des ailes aux indépentantistes, les poussant à déclarer au plus vite leur indépendance, alors que les plus modérés privilégiaient la voie de la négociation. 

Marina Rajoy "a dépassé toutes les bornes", "c'est un lâche et il n'est pas à la hauteur de sa responsabilité d'homme d'Etat (...) Par conséquent, Mariano Rajoy doit démissionner", a ainsi déclaré Ada Colau, maire de Barcelone, pourtant opposée à l'indépendance de la Catalogne.

Carles Puigdemont a appelé dimanche l'Union européenne (UE) à s'impliquer directement dans le conflit qui l'oppose à l'Etat espagnol et à ne "plus regarder ailleurs". "Nous sommes des citoyens européens et souffrons d'atteintes à (nos) droits et libertés", a-t-il ajouté, en demandant à l'UE "d'agir rapidement".

Jusqu'ici, ni l'Europe, ni ses principaux dirigeants n'ont réagi, hormis le premier ministre belge Charles Michel et le leader du groupe libéral européen... le Belge Guy Verhofstatdt. Mais il va être difficile d'ignorer les sentiments d'horreur des différentes opinions publiques face à cette violence exercée envers des citoyens, des familles, qui voulaient juste exercer un droit de vote.

Un appel à la grève générale ce 3 octobre

Les habitants de la région, où l'indépendantisme gagne du terrain depuis le début des années 2010, étaient jusque là divisés presque à parts égales sur l'indépendance. Mais les Catalans souhaitaient majoritairement, à plus de 80%, un référendum d'autodétermination légal. L'empêcher a éloigné les Catalans modérés de Madrid.

Des mouvements indépendantistes et des syndicats catalans ont par ailleurs lancé dimanche un appel à la grève générale pour le 3 octobre, annonce le journal La Vanguardia, citant Jordi Cuixart, président de l'association Omnium Cultural.

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