L'ETA soupçonnée de la mort du policier français

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L'enquête sur la mort d'un policier au cours d'une fusillade en Seine-et-Marne se focalisait mercredi sur la piste de l'organisation séparatiste basque ETA, qui n'a jusque-là jamais tué de policier ou gendarme français.

Un homme né en 1983 et qui "a fait part de son appartenance à l'ETA" a été interpellé, selon une source judiciaire. Au moins cinq autres personnes, dont une femme, sont en fuite.

Le parquet antiterroriste de Paris s'est saisi des faits et a confié l'enquête à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) et à la police judiciaire de Versailles. Selon cette source, c'est la première fois qu'un gendarme ou policier français est tué par l'ETA même si des policiers ou des gendarmes ont déjà été blessés par l'organisation séparatiste basque.

Les faits se sont produits mardi vers 19h00 et résultent d'un "contrôle qui se passe mal", a résumé la source judiciaire. Une patrouille de police du commissariat de Dammarie-les-Lys remarque un véhicule sur un chemin de terre sur la commune limitrophe de Villiers-en-Bière, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Paris.

Ils s'approchent et voient quatre personnes remplissant les réservoirs de quatre véhicules, dont une femme, selon une source proche de l'enquête.

Les policiers interviennent, les désarment et commencent à les menotter, a raconté la source judiciaire.

Un cinquième véhicule suivi d'un sixième arrivent alors. Suit une fusillade au cours de laquelle Jean-Serge Nérin, brigadier de 52 ans et père de quatre enfants, est mortellement touché au thorax malgré son gilet pare-balles.

On ignorait mercredi si un ou plusieurs agresseurs ont été touchés.

L'arme du tireur, une arme de poing de gros calibre (357 Magnum), dont le numéro de série a été limé, a été saisie par les policiers.

Les occupants des deux véhicules, dont le nombre n'a pu être précisé, s'enfuient et parviennent à récupérer l'une des quatre personnes qui avaient été désarmées par les policiers. Deux autres parviennent à s'enfuir à pied.

L'homme de 27 ans qui était alors déjà menotté est interpellé. Il était toujours en garde à vue mercredi matin. Il a été présenté comme étant Joseba Fernandez Aspurz, selon le quotidien espagnol El Mundo, une information non confirmée de source judiciaire française.

Selon l'agence espagnole Europa Press, l'homme arrêté a des "antécédents" au sein de la "kale borroka" (lutte de rue, en basque), forme de guérilla urbaine de basse intensité pratiquée au Pays basque par de jeunes nationalistes radicaux.

Les six voitures dans lesquels ils circulaient proviennent d'un vol à main armée qui s'est déroulé peu avant la fusillade dans un dépôt-vente automobile, au cours duquel un employé a été ligoté, selon cette source.

Des membres de l'ETA, qui utilise la France comme base arrière notamment pour entreposer son matériel, sont fréquemment interpellés dans l'Hexagone en possession de voitures volées. Trente-quatre de ses membres présumés ont été interpellés depuis le début 2010, dont sept en France, selon le ministère espagnol de l'Intérieur.

Dès l'annonce du drame, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux s'est rendu au commissariat de Dammarie-les-Lys, devant lequel des policiers ont appelé à un rassemblement "spontané" mercredi à 18H00.

Le chef du gouvernement espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero a condamné mercredi l'"action criminelle de la bande terroriste ETA", confiant qu'il avait "ressenti cet assassinat comme s'il s'agissait de celui d'un membre des forces de sécurité espagnoles".

L'ETA s'en était pris à des représentants des forces de l'ordre espagnols en France: deux gardes civils avaient été tués à Capbreton (Landes) en décembre 2007 et deux inspecteurs espagnols assassinés à Hendaye (Pyrénées-Atlantique) en 1976.


AFP

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