L'esturgeon va disparaître, la pêche continue

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L'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) s'inquiète de la disparition très rapide des esturgeons. Au moins 17 des 27 espèces de ce poisson-fossile sont en danger de disparition. Elles n'étaient que six en 1996.

L'esturgeon est un poisson très ancien. Il y a 250 millions d'années qu'il hante les mers, les lacs et les rivières de la Terre. Mais son règne touche peut-être à sa fin, selon l'IUCN, l'organisation responsable de la mise à jour de la "liste rouge" des espèces en danger.

Selon le rapport de l'organisation, sur les 27 sous-espèces recensées 17 sont en danger, et quatre d'entre elles sont au bord de l'extinction. Et l'organisation relève que, depuis qu'un précédent rapport en 1996 avait montré l'état inquiétant des stocks, aucune mesure de protection n'a été prise. Seules quatre espèces sont inscrites à l'annexe II de la CITES, qui interdit leur commerce international.

Surpêche et destruction des habitats

La surpêche et la destruction des habitants naturels sont les causes manifestes de la disparition probable et à bref délai de la plupart des espèces d'esturgeon. Ainsi, les captures d'esturgeon beluga de la Caspienne, prisés pour le fameux caviar, ont augmenté de 95% depuis la Seconde guerre mondiale. Mais le beluga n'est pas le seul à souffrir : d'autres espèces connaissent le même sort. Pourtant, malgré le danger d'extinction imminente, la pêche se poursuit... Pire encore, beaucoup d'esturgeons sont capturés et donc détruits avant même d'avoir atteint l'âge de la reproduction.

Poisson migrateur, l'esturgeon est également confronté à la multiplication des barrages sur les cours d'eau qu'ils remontent pour se reproduire. Il s'épuisent contre ces obstacles insurmontables et meurent avant de se reproduire. L'assèchement de la mer d'Aral pour l'irrigation des champs de coton a également provoqué la disparition des habitats, et la pollution des rivières affecte aussi la reproduction des poissons.

Un patrimoine biologique est donc en passe de disparaître, et l'être humain semble en être le seul et unique responsable.

Thomas Nagant avec nrc International

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