Carles Puigdemont sous le coup d'un nouveau mandat d'arrêt, il appelle à la mobilisation

La justice espagnole a émis un nouveau mandat d’arrêt européen et international contre l’ancien président régional catalan Carles Puigdemont, après la condamnation lundi de neuf autres indépendantistes à des peines de prison pour la tentative de sécession de 2017.

Dans un communiqué, la Cour suprême a annoncé que le juge Pablo Llarena, qui avait retiré "un mandat d’arrêt européen et international" pour rébellion contre M. Puigdemont devant l’impossibilité de le faire appliquer par des partenaires européens, en avait émis un nouveau "pour les délits de sédition et détournements de fonds publics". C’est en vertu de ces délits que la Cour a condamné lundi son ancien vice-président Oriol Junqueras et d’autres dirigeants indépendantistes à des peines allant jusqu’à 13 ans de prison.

Carles Puigdemont réagit depuis la Belgique

Principal acteur de la tentative de sécession de 2017, Carles Puigdemont avait fui en Belgique pour échapper aux poursuites. En juillet 2018, le juge espagnol avait dû retirer son mandat d’arrêt international contre Puigdemont et d’autres indépendantistes partis à l’étranger, et cela après une décision de la justice allemande favorable à l’ex-président catalan, arrêté quelques mois plus tôt en Allemagne. La justice belge n’avait pas non plus appliqué le mandat d’arrêt. Les débats étaient encore en cours lors du premier retrait de mandat mais l’extradition semblait alors peu probable car les faits reprochés à Puigdemont ne sont pas punissables en Belgique.

Depuis Bruxelles, Carles Puigdemont a réagi ce lundi après-midi à la décision de la Cour suprême espagnole. Il n'a pas évoqué le mandat d’arrêt qui le concerne mais s'est longuement exprimé sur la condamnation des neuf indépendantistes catalans. Il dénonce une injustice : "La Cour suprême confirme la stratégie de répression et de vengeance à l’encontre de tous les citoyens qui ont cherché la voie de la démocratie pour rendre possible leur volonté. Par cette condamnation, elle condamne aussi plus de deux millions de personnes qui ont rendu possible le référendum d’autodétermination du 1er octobre 2017 […] Nous le répétons, ce n’est ni un crime, ni une offense de décider librement de son futur." Le Catalan n’entend pas baisser les bras et appelle ses compatriotes à faire de même : " Nous devons nous mobiliser et faire entendre nos voix. Il y a plein de manières de le faire. Mais ça doit être fait de manière non violente et démocratique, comme ça a toujours été le cas."

"Les droits de la défense n'ont pas été respectés"

L'un des avocats de ses avocats, Paul Bekaert, a annoncé lundi soir son intention de s'opposer à ce nouveau mandat d'arrêt. "Si nécessaire jusqu'à la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH)" de Strasbourg (France) et "à la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE)" de Luxembourg, a-t-il affirmé lors de l'émission Terzake de la VRT-télévision.

Son avocat a souligné lundi soir que ce mandat d'arrêt tombait sous le coup d'une procédure européenne, qui permet à un juge - et non au pouvoir politique - d'autoriser une éventuelle extradition du dirigeant indépendantiste vers l'Espagne.

Me Bekaert a justifié sa volonté de s'opposer à ce mandat pour plusieurs raisons, dont les peines "hors de proportion" infligées aux séparatistes catalans, mais aussi tout le déroulement de leur procès.

"Les droits de la défense n'ont pas été respectés. Si Puigdemont retourne à Madrid, le même sort lui sera réservé" a-t-il souligné.

Extrait du Journal Parlé de 17 Heures

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