L'Espagne replongée dans l'incertitude après les élections, le chef de Ciudadanos démissionne

L’incertitude est toujours reine en Espagne, après les élections législatives anticipées de dimanche, le quatrième scrutin organisé en 4 ans.

Les socialistes de Pedro Sanchez, le chef du gouvernement sortant, sont en tête, mais ils perdent trois sièges au parlement : ils passent de 123 à 120. Ils ne sont pas parvenus à obtenir la majorité absolue. Pedro Sanchez s'est engagé à "débloquer la situation politique et à former un gouvernement progressiste". S'il parvient à être reconduit au pouvoir par la chambre des députés, ce qu'il n'avait pas réussi à faire après le scrutin d'avril, Pedro Sanchez devra se contenter d'un fragile gouvernement minoritaire obligé de négocier des appuis au cas par cas au Parlement. 

Martin, militant socialiste, est convaincu que la droite et les petits partis laisseront gouverner Sanchez : "J’espère que le blocage ne va pas continuer. Je pense que les forces politiques ont compris qu’il fallait arriver à un accord."

Les conservateurs du Parti populaire (PP, 88 sièges) ont eux redressé la barre après le pire résultat de leur histoire en avril (66 sièges) tandis que la gauche radicale de Podemos a perdu sept députés (35 contre 42 en avril) et que les libéraux de Ciudadanos se décomposent et tombent de 57 à 10 députés

Percée de l’extrême droite

Ces élections ont permis à l’extrême droite d’enregistrer une progression spectaculaire. La lutte contre l’indépendantisme catalan est le principal slogan de ce parti. Le leader du parti exultait dimanche soir : "Nous sommes la troisième force politique d’Espagne avec 52 députés."

Cette percée de Vox est un petit tremblement de terre en Espagne où l’extrême droite était absente il y a moins d’un an. Mario, électeur de gauche, est sous le choc : "Je croyais que l’Espagne était l’exception. Mais avec le thème de la Catalogne, ils ont finalement réussi a enregistré un grand score."

Plus de votes en faveur de l'indépendance que de votes contre l'indépendance de la Catalogne

Les partis indépendantistes catalans consolident pourtant leur représentation. A trois, ils totalisent 23 sièges (contre 22 en avril) sur les 48 qui étaient en jeu en Catalogne. L'ancien président catalan, Carlos Puidgemont, a salué ce triomphe des partis favorables à l'indépendance de la Catalogne. "Il y a plus de votes en faveur de l'indépendance que de votes contre l'indépendance de la Catalogne", a ajouté l'ancien président, estimant que ceux-ci se renforcent à chaque scrutin, tandis que l'Espagne "continue d'ajouter de l'instabilité".

Ce scrutin devait permettre d’y voir plus clair, mais l’Espagne est de nouveau plongée dans l’incertitude.

Démission du chef de Ciudadanos

Le dirigeant du parti libéral Ciudadanos, Albert Rivera, a annoncé lundi sa démission au lendemain de l'effondrement de sa formation aux élections législatives en Espagne, passant de 57 députés en avril à seulement dix.

M. Rivera a également annoncé sa démission de son poste de député. "J'ai voulu assumer toutes les responsabilités à la première personne", a-t-il dit lors d'une déclaration au siège de son parti.
 

 

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